Dédale de la Biblis Patera

Chroniques martiennes
 
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 L'histoire d'un aveugle...

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CedrXator
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MessageSujet: L'histoire d'un aveugle...   Mer 23 Juil - 16:55

.Chapitre I.
"Double vue"

(Archives du 20/05/08)


La vue... Un des cinq sens que le commun des mortels juge indispensable. Je ne suis pas de cet avis. Mes yeux brûlés ne me permettent plus de voir, mais la vie ne s'arrête pas pour autant. Mon chemin continue, guidé par l'ouïe, l'odorat et le toucher.
Jusqu'à ce jour...

J'étais à l'Ordre Jedi, notre syndicat école, pour aider au mieux et mettre un peu d'animation. Ma tâche accomplie, je décidai quand même d'y rester un peu, je m'y plaisais bien, et Mandragore, notre boss m'avait très bien accueilli.
"- Cela me fait plaisir que tu restes ; pour ne pas que tu t'ennuies, je t'ai confié le poste d'infiltrateur, je sais que ça va te plaire curieux comme tu es ! " Me dit-elle avec un sourire.
Acquiesçant de la tête, je la remerciai et rentrai à mon bunker, pour y trouver du repos, et aussi tester mon nouveau don. Je fis comme on m'avait dit, je me concentrai intensément sur un syndicat. Au hasard, j'avais pris Erinyes, mon syndicat habituel. Je n'avais pas l'habitude d'être calme comme ça, moi qui d'habitude préfère gigoter dans tous les sens... Aussi se concentrer ne fut pas une mince affaire, mais un peu de vodka résolut ce petit problème.

Mes efforts restaient infructueux... Le noir de mon esprit laissait place à une lumière blanche, puis rien.
Des pensées parasitaient mon esprit m'empêchant de me focaliser sur mon objectif. Agacé, je me pinçai fort la cuisse pour chasser ces pensées inutiles. Je fis un nouvel essai, le noir de mon esprit fit à nouveau place à une lumière blanche, puis à ma grande stupéfaction les portes du syndicat Erniyes apparurent dans ma tête. Je vis alors ses membres, un à un. Je mis alors quelques secondes pour m'en rendre compte : J'avais VU !
Oui, j'avais vu pour la première fois des personnes que je côtoyais tous les jours, dont je ne connaissais alors que l'odeur, ou la voix. Je mis un petit moment à comprendre, comment avais-je fait pour voir ? Mes yeux étaient pourtant...
Et là je compris alors, la réponse apparut, claire comme de l'eau, logique... Je les avais vus grâce à mon esprit, pas grâce à mes yeux. Soudain les images des mes frères et soeurs s'effacèrent laissant place au noir habituel... Le souffle court, en sueur, j'étais quand même heureux, j'avais découvert un nouveau moyen de voir ! Mon esprit était pour l'instant faible, et ne m'autorisait que des flashs et des images peu concises, ainsi qu'une fréquence d'infiltration, pour le moins basse.

Les jours passaient, et chaque jour je m'exerçais autant que mes compétences me le permettaient. J'infiltrais ainsi les syndicats d'amis proches afin de voir à quoi ils ressemblaient, ne prenant même pas gare à leurs équipements ou affectations, trop excité pour m'en souvenir ; puis j'infiltrais aussi d'autres syndicats, par curiosité, afin de savoir comment étaient ceux qui en faisaient partie... Amis ou ennemis.
Je ne pus m'empêcher de constater que ces infiltrations changeaient mon Karma, le rendant plus Azur, lui qui était tellement neutre habituellement...

Voir me rend plus Azur, l'Azur me permettrait donc de voir.
Je pense avoir trouvé ma voie...

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Dim 28 Déc - 18:27

.Chapitre Annexe.
"Un an"

(Archives du 28/12/08)



Comme tous les matins, je me réveillai dans le lit de mon bunker. Non pas en ouvrant les yeux, habitude que je m'étais habitué a perdre, mais avec la sensation de froid dans mon cerveau, tiré de la chaleur du sommeil...

Ma douce était à coté de moi, je sentais son odeur, l'entendais respirer doucement. Elle dormait encore. Je me rapprochai d'elle lui caressai les cheveux, jouant avec ses mèches en restant allongé.

Quelques minutes plus tard, je décidai de me lever, mais dans mon élan, je retombai dans la tiédeur de mon lit-caisson. Je le sentais, aujourd'hui était un jour spécial... Je me creusai la tête, non rien ne venait... à part cette impression que ce jour n'était pas comme les autres...

Bah, ça me reviendrait bien en tête. Je décidai alors de me lever et je me dirigeai vers ce qui me servait de garde robe. Je pris alors un vêtement au hasard, que je n'avais pas mis depuis quelques temps... En effet, il m'allait court ! Il manquait une dizaine de centimètres à mes manches, et un peu moins à mes chevilles d'après la sensation de froid que je ressentais sur ces deux parties de mon corps. Ces vêtements, cela devait faire un an que je ne les avais pas portés..
Un an... C'est ça ! Aujourd'hui, 10 jours après que j'aie fêté mes 21 ans... Aujourd'hui, cela ferait un an terrien que j'étais arrivé sur Mars. Décidément le temps passait vite ...

Je finis alors de m'habiller (avec des vêtements à ma taille ...), mais la flemme m'envahit alors. Un an, mais de ce côté-ci je n'avais pas changé !
Je retournai m'allonger sur le lit-caisson, à côté de ma belle qui dormait toujours. Elle qui se réveillait toujours avant moi... Il devait être tôt. M'allongeant tout habillé, je croisai les bras derrière la tête, et pensai à tout ce chemin parcouru, à mon arrivée ...

J'étais arrivé avec un groupe d'amis... nous avions créé notre propre syndicat : les Mutorks.
Aujourd'hui, les Mutorks avaient disparu, et il ne restait que moi et mon ancien maitre qui étions encore en vie...
C'est là-bas que j'avais fait mes débuts, que j'avais appris les rudiments de la survie sur Mars.
Mimibarbuxmutorks et Gandhi furent mes premiers professeurs... Gandhi est aujourd'hui porté disparu, et je pensais qu'il en était de même pour Mimi, jusqu'à ce que je le croise dans les locaux du syndicat AIM.

Je me plaisais dans ce syndicat, mais je sentais aussi que je n'y étais pas à ma place, qu'il me manquait quelque chose... Le soir où mon maître utilisa ma sphère et où les chaines karmiques qui pesaient sur mon esprit furent levées, je décidai de partir du syndicat, et de vivre ma propre vie en tant qu'indépendant...

J'étais moyennement connu à cette époque, j'allais de syndicats en syndicats apportant mon aide où il y en avait besoin, soignant des blessés, réparant du matériel, nettoyant des temples, en échange de l'asile que me fournissaient les membres... mais cette situation ne durait jamais. Chaque fois, la même sensation me poussait à partir.

Et je repartais, toujours ; le bar était presque devenu ma seconde maison... J'y buvais ma vodka, la capuche rabattue sur mon visage, écoutant les conversations ci et là, glanant des informations et comblant les lacunes qui me faisaient défaut pour survivre...

C'est pendant cette période d'indépendance que je devins aveugle... je m'en souviens encore.
Je secoue alors la tête afin de chasser ces souvenirs douloureux de ma mémoire pour tenter de me rappeler de souvenirs moins désagréables.

Je me fis alors connaitre, discutant et bavardant au bar du forage, sortant de ma timidité habituelle, participant à des batailles de noisettes et de noyaux de litchis mythiques au bar, assistant à des conflits ou des chasses aux crapules, participant au challenge "Grave Digger" aussi impitoyable que le nom de cette créature où le syndicat Lafouguenoire m'avait accueilli, malgré ma faiblesse.
Mais comme à mon habitude, je finissais par partir... encore, et encore..

Quand un jour, une amie, une personne formidable, nommée Kimcass, que j'avais connue au bar pendant nos combats de noisettes, me contacta.
Elle avait besoin d'aide pour reprendre un syndicat, Sunrise qui, aujourd'hui, est notre sanctuaire de l'azur.
Elle disait vouloir le remplir de personnes qu'elle affectionnait. Touché par cette sollicitude, j'acceptai, mais je la prévins que je finirais par partir, tôt ou tard, que ma nature sauvage reprendrait le dessus. Elle m'avait alors répondu ''qu'un syndicat n'était pas une prison'', que je pouvais aller et repartir à ma guise...
C'est à Sunrise que je connus plusieurs Pillis qui deviendraient mes compagnons, mes camarades, mes frères...

Intrigué par cette famille, je décidai d'apprendre à mieux les connaître. A leurs yeux, j'avais fini par compter comme un "Iuctli", ou "petit frère" en nahuatl. Et sans que je m'en rende compte j'étais devenu un Pilli. Jamais l'idée de partir ne m'avait traversé l'esprit...
Ma motivation, mon envie d'apprendre, et l'affection que je portais à ma nouvelle famille firent que, une ou deux semaines plus tard, j'étais devenu un vrai Pilli, reconnu par la famille toute entière... Puis, quelques mois plus tard, de par mes actions et ma loyauté, je deviens un Teutcli, un "seigneur" en nahuatl, un membre du conseil de cette grande famille, chargé de la protéger, de la conseiller, de la faire vivre et grandir...
Aujourd'hui, je considère Kimcass comme mon mentor, mon aînée, mon amie..


Je le veux grandement, j'aspire à l'Amitié, à la Noblesse, à la Fraternité.

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Mar 7 Avr - 17:32

.Chapitre II.
"Colère et influence bienfaitrice."


(archives du 24/11/08)



[Partie I]

Après une longue journée de creuse, je rentre vers les concessions du syndicat Erinyes où une longue nuit de travail, de recherches et de manipulations diverses m'attend...
Je m'arrête et tourne la tête, sachant que la concession du syndicat Sunrise se trouve là. Rien d'autre ne pouvait dégager un karma azur aussi dense.
Avec un sourire, l'idée d'y aller me vient afin de saluer plusieurs personnes qui me sont chères. Mais je suis arrêté net dans mon élan. L'aura azur qui se dégageait du sanctuaire a presque l'air de me repousser ! C'est sûrement à cause de mon karma pourpre, je sentais que les deux réagissaient avec véhémence.
C'est alors avec un pincement au cœur que je repense à tout ce qui s'est passé quelques semaines auparavant...

Depuis plusieurs jours, le moral au syndicat Erinyes n'avait pas été au beau fixe...
Depuis plusieurs jours, ses membres avaient subi les attaques crapuleuses d'indépendants qui en avaient manifestement après nous...
Depuis plusieurs jours, je m'étais rongé les sangs, essayant de trouver une solution à ce problème...

Les chasseurs qui formaient notre "Inquisition", avaient été envoyés pour calmer les ardeurs de ces mécréants.
Leur efficacité n'avait jamais été mise en cause, ils traquaient toujours leurs proies jusqu'à ce qu'elles capitulent, et se repentent.
Malheureusement, cette fois, les crapules avaient été acharnées... Et organisées!
Dans l'alcôve syndicale, beaucoup avaient pesté contre leur lâcheté :

"- Ils n'assument pas ces lâches ! Toujours terrés dans leur bunker...
-Et au moindre moment d'inattention, ils en profitent pour hacker nos comptes et boucher nos aérations !
- Tu t'attendais à quoi ? Ce ne sont que des crapules après tout...
- Sauf que cette fois, c'est un gros morceau.
- C'est sûr, ils sont organisés...
- Allez, ne t'en fais pas, ils craqueront avant nous ! C'est moi qui te le dis."

Pour ma part, j'étais resté à l'écart des conversations... Essayant de trouver une solution.
Je pensais à Kimcass, mon mentor. Elle avait dû partir pour quelques temps et m'avait laissé la responsabilité du syndicat en son absence.

Perdu dans mes pensées, je m'étais dit qu'elle avait eu tort de me confier cette tâche, de me faire confiance. J'avais été tout bonnement incapable de résoudre le premier problème venu... «Incapable !» Ce mot avait résonné dans ma tête et n'avait pas facilité ma réflexion. Il aurait mieux valu que je réagisse, ma famille avait besoin de moi, il aurait fallu que je trouve une solution !
Mais rien n'était venu...

Les jours avaient passé et la situation avait empiré... La mauvaise humeur était presque palpable dans l'alcôve et je n'avais toujours pas dit un mot, mon regard aveugle plongé dans le vide...
Quand soudain, la porte de la salle s'était ouverte à la volée. Tous les membres présents avaient dû tourner la tête, ce que j'avais fait aussi, par réflexe. Cette brusque agitation m'avait sorti du brouillard de mes pensées et surtout... Cette forte odeur de sang qu'il y avait masquait presque tout le reste !
Je m'étais levé brusquement et avais dit d'une voix forte :

"- Qu'est-ce qui se passe ?

La voix de Arwen m'avait alors répondu :

- C'est Kim... Elle devait être en train de revenir et elle... elle...
- Elle quoi ?
- On l'a retrouvée dans le no man's land. En sang. Et son Betrayal en miettes à quelques mètres d'elle... Elle a dû se faire tirer dessus au shotgun ou avec une arme lourde... expliqua Lgmax, l'un des chasseurs de notre inquisition. Si je trouve celui qui a touché à ma sœur, je lui écrase la figure !
- J'suis pas mécano, continua AbsurdJedi, mais j'pense que les tirs ont dû toucher un truc qui a fait péter le reste..."

J'en étais resté bouche bée. C'était maintenant au tour de Kim, mon amie, mon mentor... Elle qui avait fait de moi ce que je suis aujourd'hui, un Pilli.

"- Cette fois, ça suffit... avais-je murmuré en me dirigeant vers le bureau du boss, bouillant de rage.
- Ced ! Tu vas où ? Me fit une voix que je ne pris pas le temps de reconnaître.
- Laissez moi faire ! Pendant ce temps, emmenez-la à l'infirmerie... Vite ! "

Je me souviens avoir monté les marches quatre à quatre, en essayant de ne pas trébucher. J'étais finalement arrivé devant devant le sas d'entrée du bureau du boss, avais tapé le code d'entrée sur les boutons portant des inscriptions en braille en relief et étais entré précipitamment en me cognant au passage contre un ou deux meubles...
Aveugle et impuissant... la rage bouillonnant en moi ne cherchait qu'à s'exprimer, qu'à déferler sur les coupables. J'avais alors tapé du poing et du pied tout ce qui passait à ma portée : les murs, les meubles...
Si les chasseurs de notre inquisition n'étaient pas encore venus à bout de ces lâches, je n'aurais eu aucune chance avec mes faibles moyens... Il fallait que je trouve quelque chose, n'importe quoi...

"- Raaaaah ! "

Finissant par être à bout de force, mais pas calmé pour autant, je m'étais finalement arrêté de laisser libre cours à ma fureur et avais reporté mon attention sur quelque chose que j'avais à peine remarqué auparavant. Cet objet, invisible à mes yeux aveugles, dégageait une énergie malsaine presque palpable. Le pourpre émanait de cette chose comme de la lave qui émane d'un volcan...
Attiré par cette chose, je m'étais avancé, lentement, et cette conversation que j'avais eu avec Kim m'était alors revenue en mémoire...

~~~~~~~

Elle était quelque peu essoufflée après l'utilisation de cet objet et une aura pourpre rayonnait autour d'elle comme jamais.
"- Salut Kimi, qu'est-ce que tu fais ?
- Et bien, tu te rappelles du hackeur de la semaine dernière ? Il vient de passer un sale quart d'heure ! M'avait-elle répondu en riant.
- C'est à dire ? Tu lui a fais quoi ? Fis-je en souriant.
- Un pieu de la soumission, mais pas besoin de t'expliquer, je suppose que tu connais, ajouta-t-elle d'un ton ironique.
-Hem... Oui en effet, avais-je répondu en me détournant l'air gêné, les souvenirs désagréables me revenant en mémoire.
- Tout ça pour dire : dans l'état où il doit être, il doit regretter de s'en être pris à l'un de nos frères !
- Dis, je pourrai m'en servir un jour si je dois nous défendre ?
- Difficile à dire... Regarde, moi je m'en sers sans problème, mon karma s'est imprégné de la puissance de cet objet. Mais toi, avec ton karma azur encore frêle, je ne sais pas les conséquences que ça pourrait avoir sur toi... Il vaut mieux que tu ne t'en serves pas avant qu'on soit sûr !
Mais de toutes manières, je serai là, alors tu n'auras pas à t'en servir... Namého !" Avait-elle ajouté en riant.
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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Mar 7 Avr - 17:52

[Partie II]


J'avais aussi ri de bon cœur. Mais à cet instant-là, dans ce bureau, il y avait plus de haine que de bonheur dans mon cœur. Kim n'était pas là, c'était à moi de faire ce qu'il fallait. Je m'étais approché de l'objet, lentement... Je n'étais alors plus qu'à quelques centimètres...
J'avais pris une forte inspiration, puis avais touché l'objet, sentant une forme sphérique sous mes doigts.
De l'énergie pourpre envahit alors mon corps et mon cœur, ravivant ma rage comme un brasier.
Ma frêle aura azur disparaissait alors que le pourpre prenait le pas sur mon cœur et sur ma raison.
Je les voyais, je voyais ces crapuleurs, ceux qui avaient osé s'en prendre à mon amie. Je les voyais dans ma tête. Leurs regards surpris par les pieux de la soumission qui étaient plantés dans leurs concessions. Cette vision n'était pas aussi précise que lors de mes infiltrations, c'était... différent.

Soudain, j'entendis une sorte de porte ou de trappe s'ouvrir derrière moi. La suite m'attendait là-bas...
Mes poumons brûlaient, mes yeux aussi... Tout était en feu.
Tout se brouillait...

Je ne me souviens plus ce ce qu'il s'était passé ensuite. La colère, le choc peut être...
Je me souviens juste avoir sombré dans une sorte de léthargie après avoir déchaîné les arcs électriques dévastateurs sur les criminels...
Toujours est-il que je me réveillai dans un lit d'infirmerie, les sens affaiblis, la respiration difficile.

«- Qu... Qu'est-ce...
- Chut... ne fais pas d'effort inutile !»

Cette voix à la fois douce et volontaire, mais pourtant si faible à cet instant, c'était Kim.
Je toussai un peu et senti le goût du sang dans ma bouche. Je mis un bon moment avant de me remettre, retrouvant peu à peu mes sens et ma capacité à réfléchir.
J'avais pris mon inspiration.

«- Dis moi maintenant, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu étais...
- Oui c'est pour ça que je suis là, dit-elle en riant, Outch... Aïe, ça fait mal... »

Je ne lui répondis rien, pas la force. J'avais mis un peu d'ordre dans mes pensées, les souvenirs revenant petit à petit.
«- Dis moi... Qu'est-ce que j'ai fait ?
- T'as fait quelque chose de terrible... Mais quelque chose dont je suis fière !
Tu es, comme qui dirait, un peu comme moi maintenant !
- Qu...Quoi ?
-Ha ! Tu verrais ta tête ! Oups, désolée."


Je ne m'en étais pas rendu compte... Mais Kim n'était pas la seule à dégager une énergie pourpre dans cette infirmerie. Cette même énergie, un peu moins forte certes émanait également de... de... moi !
En me souvenant de ces évènements, j'avais occulté cet aspect de la chose.
En sentant cette énergie en moi, j'avais l'impression d'être un autre, de ne plus être moi-même, ou alors une autre facette de ce que j'étais...

"- Hé Ced, qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu ne dis plus rien. M'avait-elle dit d'un ton inquiet.
- Je viens de me rendre compte, de me souvenir de ce que j'avais fait... Quelle honte...
- Pourquoi tu dis ça ?
- Comment tu peux poser la question ?! Rappelle-toi nos idéaux : ceux de Pilia, l'azur, la noblesse... Et regarde, j'ai trahi tout ça d'un coup...
- "Trahi" ?! Écoute Ced, ne me fais pas te crier dessus, tu sais que je suis pas en état. "

Elle respira, elle aussi, avec un peu de difficulté, puis reprit :

"Ce que tu as fait, tu... tu l'as fait pour défendre tes frères ! Et ça j'en suis fière, t'entends ?
Tu oublies une bonne chose : les Pillis sont des guerriers, on a des valeurs, des valeurs qu'on respecte toujours... Mais on est des guerriers, on se bat pour défendre nos frères, ça aussi c'est l'un de nos idéaux : la Fraternité, et c'est ce que tu as fait."

Pas convaincu, je fis la moue, moitié gêné, moitié grimaçant à cause de la douleur qui me parcourait encore le corps, et ce malgré les multiples anti-douleurs qu'on avait dû m'administrer.
Je sentis alors sa main se poser sur mon bras et le presser doucement.

"- Ced... Ce n'est pas notre karma qui fait de nous ce que nous sommes, je pensais que tu l'avais compris. C'est ce que tu as fait, ce sont tes intentions qui comptent. Elles étaient tout ce qu'il y a de plus noble, et c'est ça qui fait de toi un vrai Pilli. "

Elle marqua une pause, elle devait être assez affaiblie.

"- L'azur est une force, oui, c'était la force de Pilia, on le sait tous. Mais le pourpre aussi en est une, et je sais que tu te serviras de cette force pour faire ce que tu penses juste.
Ced, s'il te plaît, crois moi... Je suis pas en état de philosopher."

J'avais senti son sourire dans sa voix, mais je n'avais rien osé répondre. Elle avait tellement raison.
Notre karma ne représente pas ce que nous sommes, mais ce que nous faisons...

Interrompu dans mes pensées, j'avais toussé, crachant du sang sur mes draps, manquant de m'étouffer.

"- Keuf keuf. Qu'est-ce... Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ? J'ai mal. Ça me brûle...
- Je n'en sais pas plus que toi, Wolfy t'a donné des médocs pour que ça aille mieux, mais il ne sait pas ce que tu as pour l'instant, ils sont tous en train de mettre leurs connaissances en commun pour trouver ce qui s'est passé, t'es vraiment un cas à part, tu le sais ?
-Ghh. Le pire c'est... ce sont mes yeux. Ça me brûle... Pire que d'habitude..."

Une telle douleur... Que m'était-il arrivé... Qu'avais-je fais ?

[A suivre]

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Sam 30 Mai - 1:15

.Chapitre III.
"Aveuglement et Ésotérie."


(Archives du 24/05/09)





[Partie I]


Dans mon Bunker, étendu sur mon lit-caisson, les bras croisés derrière la tête, mon esprit est une fois de plus en proie à un flot de pensées et de réflexions...
Le diagnostic est tombé. Et c'est non sans une certaine gêne qu'on me l'avait annoncé alors que j'étais encore dans mon lit à l'infirmerie, et je frémis encore à cette idée. Suite à l'effort d'une violence inouïe que j'avais fourni et au changement trop brusque de ma nature karmique, ma fiche signalait un écrasement des poumons, des fractures à diverses côtes et une rupture des tendons du bras dont la main avait touché l'objet de forme sphérique. Voilà pourquoi je ne cessais de cracher du sang, et pourquoi je ne pouvais plus bouger, ou presque.

Mais comme je m'y attendais, ce n'était pas tout : mes yeux aussi avaient bien morflé. Toute la zone de mes deux pupilles et de mes deux iris était littéralement brûlée à vif, mon canal lacrymal était fortement endommagé lui aussi : je n'étais donc même plus en mesure de verser de larmes, ni d'humidifier mes yeux qui seraient voués à se dessécher intégralement. Voilà pourquoi mes yeux me faisaient atrocement souffrir.

Habitué aux chocs et aux blessures de par mon entraînement, je me suis remis plutôt vite de mes blessures dans tout le corps (même si j'ai mis encore quelques semaines de plus pour pouvoir manier à nouveau un shotgun). Mais mes yeux c'est une autre affaire, je suis un cas assez spécial...
On m'a apposé une sorte de masque de protection sous mon bandeau noir, pour préserver mes yeux de la sécheresse et pour atténuer la sensation de brûlure qui me rendait fou, devant l'impuissance des infirmiers et de notre adepte à remédier à cela. Mais ça, ce n'est pas nouveau.

Depuis que ce voile de ténèbres s'était abattu sur mes yeux, aucun infirmier n'avait pu me soigner malgré tout leur savoir médical. Pas même la présence bénéfique des Grands Anciens canalisée par les plus grands adeptes n'avait pu me redonner la vue.
Étant donné les circonstances dans lesquelles j'avais perdu la vue, c'était compréhensible.

Je me retourne sur le côté et me blottis sur mon coussin. Ce souvenir-là n'est pas des plus agréables, si ce n'est le moins agréable de tous. Je préférerais oublier si c'était possible, mais la douleur qui habite maintenant ce qui reste de mes yeux me le rappelle à chaque instant. Me rappelle à chaque instant que l'imprudence n'est pas tolérée sur Mars, que Mars c'est l'enfer, et que l'enfer a tendance à vous priver de ce qui vous est cher...







Un an et des poussières plus tôt, j'étais arrivé assez récemment sur la rouge. Depuis quelque semaines. Un mois tout au plus.
Toujours est-il qu'à l'époque j'étais faible, inexpérimenté, et que le scaphandre de base offert par La Firme ne m'avait pas été d'un grand secours.
C'était le soir. Je m'étais préparé à sortir pour creuser. "Plus je creuse, plus je progresse", je me disais toujours. Ha ! Qu'est-ce qu'on peut changer en un peu plus d'un an...
J'avais jeté un petit coup d'œil à la météo actuelle. Le vent étant calme dehors, je m'étais attendu à voir clignoter sur l'écran un « Aucun vent signalé » ou un « Porteur d'Espoir » qui me rassurerait quant à ma creuse de la soirée. C'est avec une surprise mêlée d'appréhension (ou peut être de curiosité ?) que je vis un nom presque impossible à prononcer sur l'écran.

« -Vent... Actuel.. l'Ix..mi..qui.. L'Ix... Rhaa, bordel ! C'est quoi ce nom, c'est du chinois ou quoi ?! » Criai-je en m'énervant sur le tableau de bord.

Je repris plus calmement.
« -L'Ix..mih..mic...qui. "L'Ixmihmicqui" ? Qu'est-ce que ça veut dire ? »

Je n'avais jamais vu ce vent, ni n'en avais entendu parler. Ça devait être un vent "rare" qui ne soufflait que peu ou plus sur les zones de vivance.

Je regardai alors sur l'écran à droite :
Température extérieure : -49°
Vent : De 40 à 88 km/h.
[Risque d'hypothermie : Faible]
[Radioactivité : Moyenne]
[Risque de blessures corporelles : Très Faible]
[Risque de casse du matériel de forage : Faible]

« - Ben voilà, c'est parfait ! Fis-je d'un air satisfait.
Je vois pas pourquoi je m'inquiétais... »

Sans même lire la description de ce vent, les mises en gardes éventuelles ainsi que les codex de La Firme à ce sujet, j'avais enfilé mon scaphandre, attrapé ma fidèle pelle au passage, et m'étais dirigé vers le sas de sortie. Pressé, comme tous les"nouveaux arrivants ou les "noobs" comme on les appelait ici.

Dehors, rien de spécial. Comme l'avait indiqué la logistique météo de mon bunker, le vent avait soufflé doucement et la température, bien que négative, était tout à fait supportable même pour un scaphandre bon marché comme celui que j'avais à l'époque.

Cela faisait une bonne demie heure que je remuais la terre martienne. Je m'apprêtais à prendre ma pause, à bout de souffle, n'étant pas tout à fait habitué aux efforts nécessaires pour ce nouveau boulot. Mes yeux me piquaient désagréablement depuis quelques minutes et j'avais hâte de rentrer au bunker pour me les frotter, ce qui était impossible dans un scaphandre.
Tour à coup, ma vision s'était brouillée et tout était devenu noir ! Paniqué j'en avais lâché ma pelle. Le rythme de mon cœur s'était accéléré, j'avais commencé à paniquer. Puis tout revint à la normale. Retrouvant mon calme, j'en avais alors conclu que cette perturbation avait dû venir des bidules chromatiques qui me permettaient de voir dans cette carcasse qui me servait de scaphandre.
Rassuré mais pas venu à bout de mes doutes, j'étais rentré d'urgence à mon bunker, chose que je n'aurais jamais pensé faire en temps normal (à mon niveau, 30.000 témis, c'était pas donné ! ). Par ailleurs mes yeux me piquaient terriblement ; j'en avais les larmes qui coulaient et je ne cessais de cligner des paupières. C'était horrible et pourtant la douleur je commençait à connaitre...

Arrivé au bunker, j'avais jeté mon scaphandre recouvert de terre rouge dans un coin, et m'étais précipité vers la salle de bain. J'avais beau me frotter les yeux et m'asperger le visage d'eau, les picotements ne s'arrêtaient pas. Pire encore, cette sensation se mua en douleur, de plus en plus forte, qui finit par m'arracher des hurlements. C'était comme si on éteignait une cigarette en la pressant contre mes pupilles. Répandant cris, larmes et désordre sur mon passage, j'avais gagné tant bien que mal ma stase médicale, mon dernier recours...


Cette stase allait me coûter cher en témis, mais elle allait me soigner, du moins je l'espérais. Mais je fus vite déçu. Elle ne décela aucune pathologie connue, impossible donc d'avoir recours à un traitement adapté dans son programme. Pendant ce temps la douleur s'était aggravée. Les mains sur le visage, le visage déformé en une expression de douleur, je hurlais en me roulant à même le sol de mon bunker. Le monde était noir autour de moi, seule la sensation de cette souffrance indescriptible existait.
A bout de force, épuisé mentalement, je perdis connaissance et passai la nuit étendu sur le sol de mon bunker...

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Sam 30 Mai - 3:04

[Partie II]


Si je n'avais pas entendu le bruit, je ne me serais pas rendu compte que je m'étais réveillé. Tout était noir, et j'avais beau ouvrir les yeux, c'est comme si je ne les avais pas ouverts. Je grognai, une douleur sourde toujours présente dans mes orbites, mais elle était secondaire à présent.
J'étais immobilisé, trop faible pour bouger, et parvenais à émettre quelques grognements rauques.

J'entendis alors une voix parler, une voix qui avait un ton officiel.
Ce devait être un employé de La Firme, il s'adressait à une autre personne :

« - Tiens, on dirait que le sujet se réveille. On n'a pas assez mis la dose. Prêt pour une injection 50µg/L... »

Je sentis alors une piqûre qui m'arracha un «Argh» malgré moi. Puis le noir de nouveau.


Après un temps que je n'aurais pu définir, je me réveillai dans mon lit-caisson, reconnaissant la matière sur laquelle j'étais ainsi que ma propre odeur. Ma propre odeur ?!

« Waow... »

C'était étrange, je ne voyais plus rien, un voile noir s'était abattu sur mes yeux. J'aurais dû paniquer à cet instant. Ce ne fut pas le cas. En contrepartie, mes autres sens s'étaient fortement développés : je parvenais à sentir ma propre odeur, d'habitude imperceptible à mon odorat ; je sentais également l'odeur du Coffee Booster et de mes rations de survie qui étaient pourtant dans la cuisine, j'entendais le *bip* de mon relais Voxcam qui pourtant se trouvait dans la salle logistique, à quelques pièces ; je parvenais à détailler chaque fibre du tissu de mes vêtements rien qu'en les touchant. J'arrivais à me repérer aussi sûrement que si je voyais... et j'avais comme l'impression que ce n'était que le début !


Je m'étais alors levé, et m'étais dirigé vers le relais Voxterm qui continuait d'émettre des *bips* à intervalles réguliers. J'avais reçu un message. Durant mon déplacement, j'avais eu l'impression de voir mais d'une autre manière... jusqu'à ce que je trébuche sur un morceau de rover qui traînait et m'étalai de tout mon long sur le sol de mon bunker. Ça n'allait pas être aussi simple...
Finalement, j'étais parvenu à la console et avais posé le doigt sur un bouton. Une inscription en relief se trouvait à sa surface, et je sus alors que j'avais le doigt sur la touche d'envoi. Après quelques minutes de tripatouillage intensif, j'avais ouvert le message qui s'avérait être un message vocal. A la voix féminine mécanique qui s'en était échappé, j'avais tout de suite su que c'était un message de La Firme. J'espérais qu'ils avaient des infos sur ma situation !

« Bonjour id-72456.
Ceci est un message officiel de l'unité médicale de La Firme, section B.
Rapport de mission 09-118 :
Suite aux anomalies météorologiques et ésotériques détectées sur votre zone, une équipe a été dépêchée sur votre concession afin d'entamer une enquête sur les évènements s'y étant déroulés.
L'équipe a retrouvé votre corps inconscient dans votre bunker de survie et l'a transmis à l'unité médicale selon les codex en vigueur. L'unité médicale a effectué divers tests et a méticuleusement étudié votre corps, en particulier les parties oculaires de votre anatomie.
L'unité médicale a rédigé un dossier contenant le diagnostic sur votre état de santé qui est joint à ce message. Suite à son incapacité à ramener votre niveau de santé à un niveau correct, votre corps a été sujet à des injections médicamenteuses destinées à soulager la douleur engendrée par votre pathologie et votre corps a ensuite été transféré dans votre bunker de survie.
La Firme vous souhaite une bonne creuse ainsi qu'un rendement appréciable.
Vivre pour travailler et non pas travailler pour vivre.

[Fin des nouveau mess...]


J'avais frappé l'interface, furieux et désemparé. Avec toute sa technologie et tous ses bidules futuristes, La Firme n'était même pas capable de guérir un truc aussi débile qu'une poussière dans l'œil ?!
J'avais fortement inspiré pour me calmer. Peut-être qu'en lisant le dossier sur mon état de santé, je pourrai moi-même trouver un moyen de retrouver la vue, tout n'était peut-être pas perdu...
Avec un sourire crispé, j'avais appuyé sur la touche correspondante, et le dossier, contenant lui aussi un message vocal s'était ouvert et avait commencé à énumérer, cette fois avec une voix masculine :

« -Blessure : Légères brûlures au niveau de l'épiderme.
-Température du corps : 36,89°C
-Niveau de radioactivité : Quasi nul.
-Rythme cardiaque : 71 puls./min.
-Fatigue musculaire : Moyenne/Avancée.
-Fatigue cérébrale : Avancée/Très avancée.
-Perturbations Karmiques signalées.

Cause de la pathologie : Micro-roches chargées d'énergie ésotérique non bloquées par les filtres (niveau du scaphandre trop bas) s'étant infiltrées à l'intérieur du scaphandre ayant provoqué une légère brûlure sur diverses parties de l'épiderme.
Remarque : Les micro-roches se sont déposées et incrustées au niveau des globes oculaires. L'énergie ésotérique provoque une brûlure lente et exponentielle des iris et des pupilles. Cette réaction n'a été constatée qu'à ce niveau-là. La cause est inconnue. »

Alors que le dernier mot tomba comme un bloc de métal sur ma conscience, je n'avais pas compris la moitié des informations contenues dans ce rapport. Mais j'en avais compris assez. En gros, de la poussière chargée d'énergie avait passé les filtres à deux balles de mon scaphandre et m'avaient bousillé les yeux. Et le pire c'est que même La Firme ne savait ni le pourquoi, ni le comment de ce qui m'arrivait. La Firme ne savait pas grand chose en fin de compte.
Alors que je me posais ces questions, j'avais reçu un nouveau message. Encore La Firme.
J'avais cliqué pour ouvrir le message vocal alors qu'une voix métallique en indiquait le titre : "Proposition".
Une voix féminine s'était élevée de ma machine :

« Suite à l'incident dont vous avez fait l'objet, la Direction des Ressources Humaines a décrété que votre capacité à creuser, et donc votre rendement allaient devenir insuffisants, voire nuls. Un premier choix serait de couper votre arrivée d'oxygène afin de libérer votre bunker comme n'importe quelle personne déclarée inactive. Un deuxième choix s'offre à vous. La Direction s'est intéressée à votre cas pour le moins particulier. La Firme se propose de mettre à votre disposition du matériel de creuse adapté à votre handicap afin d'effectuer des tests sur de nouvelles technologies. Ainsi, votre concession serait équipée de matériels tactiles et auditifs adéquats pour votre nouvelle situation afin de garantir un rendement acceptable.»


La voix avait alors énuméré le matériel qui allait m'être proposé, suivi du prix. J'avais failli en tomber de ma chaise. Même avec un Kréator de dernière génération j'aurais mis un an ou deux à payer tout ça !
5.105.856.743 témis... Pas un de plus, pas un de moins. Je doutais même que quelqu'un sur cette planète possède une telle somme !
De toutes manières je n'avais pas le choix. Soit je continuais à creuser avec ce matos (et avec cette énorme dette), soit je me faisais " rayer des registres " comme disaient certains terras expérimentés.

« Une réponse est exigée sous un maximum de 48H. »

Je déglutis, la boule au ventre, je préparais déjà ma réponse. Bien que le fait de servir de "cobaye" pour de nouveaux équipements ainsi que vivre avec le poids d'une telle dette envers une organisation dont je savais au final très peu de choses ne m'avait pas tellement enchanté, je n'aurais pas besoin de 48H pour me décider, jeune et fougueux que j'étais à l'époque. Appuyer sur les touches surmontées d'inscriptions en reliefs s'était révélé fastidieux. Une petite demie-heure plus tard et j'avais clôturé ma réponse d'une formule de politesse puis appuyé sur la touche d'envoi...
Je basculais la tête vers l'arrière et respirais un bon coup. Trop d'émotions en si peu de temps, ma vie avait littéralement basculé. C'en était trop pour moi, j'étais à bout de nerfs. Je m'étais alors dirigé vers mon lit-caisson, en essayant d'éviter certains objets qui traînaient. J'avais besoin de sommeil. Je m'étais affalé sur le caisson de stase, emporté par le sommeil quelques secondes plus tard, en priant de toutes mes forces que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve. Ma vision noire se teinta alors de rouge et...





« Ah ! »
Je me réveille dans mon bunker, en sueur. Je me suis endormi et j'ai encore fait ce maudis rêve. Le rêve qui me rappelle comment je suis devenu aveugle, comment mes yeux ont cessé de voir. Cependant, le voile noir et la sensation du masque de protection qui recouvre mes yeux me rappellent que ce que j'avais vécu ce jour-là était loin d'être un rêve. Ce qui s'est passé il y a un an, je continue de le payer aujourd'hui encore.

« Aah, les erreurs du passé... »

Inutile d'y penser, je ne pourrai pas dormir ce soir.

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Sam 13 Juin - 18:05

Chapitre Annexe

"Duel entre amis."
(Arwyen vs Cedrxator)


(Archives du 13/06/2009)





Le cœur de Mars qui bat. Le sable rouge qui vole. Les machines de creuse qui ronronnent au loin.
Et deux combattants qui se font face.

Le parking du bar sera notre "terrain de jeu", comme d'habitude. Le règles sont simples : Celui qui ne sera plus en état de combattre laissera la victoire à son adversaire.
Des curieux observent la scène à travers les hublots du bar, d'autres sont venu directement mais se tiennent à l'écart à quelques centaines de mètres.
Tous regardent les deux terraformeurs. Un grand nombre d'entre eux reconnaissent le scaphandre d'Arwyen, ainsi que le terraformeur qui lui fait
face : Moi.

Arwyen contre CedrXator. L'aveugle contre l'amazone. Le spectacle promet d'être intéressant car, l'un comme l'autre, on est loin d'être tombés de la dernière pluie de météorites. Elle me doit une revanche depuis hier où elle m'a eu à l'usure et surpris avec un bon coup d'amortisseur hydraulique en plein dans la tête. Je me suis réveillé 7H plus tard dans ma stase.
Aujourd'hui ce sera le dernier duel avant ma mise en stase prolongée.

Se battre contre ma meilleure amie, ça ne va pas être de la tarte...
Elle ne va pas me faire de cadeaux. Et moi non plus.

Je respire doucement, pour me calmer et réfléchir , analyser la situation.
Elle doit m'observer, guetter le moindre de mes mouvements d'un œil expert. Ma cécité ne me permet pas de voir. Être enfermé dans un scaphandre, en mouvement, et dans l'atmosphère de Mars ne me permet de sentir que très peu d'odeurs. Il ne me reste que mon ouïe. Et c'est sur ça que je vais tout miser. Elle doit s'en douter ; me connaissant très bien, elle va devoir être la plus silencieuse possible.

Ça va être un duel de force, mais aussi d'adresse, de ruse, et de concentration.

Tout à coup, un léger bruit venant de ma gauche me surprend et me tire soudain de mes réflexions.
Je crois d'abord à un mouvement de sa part et, instinctivement, je me prépare à me mettre en garde, mais quelque chose cloche... Ce n'est pas un pas d'humain. Je fronce les sourcils, esquisse un sourire, et bondit dans cette direction. L'air siffla à quelques centimètres de mon heaume de terraformation. Je viens d'esquiver son coup...
J'ai compris sa feinte : Elle a jeté un simple cailloux dans une direction pour distraire mon attention et attaquer par l'autre coté pendant que j'avais la garde baissée. C'est pas bête.

" - Et bien alors mon amie, tu me sous-estime ? "

Je l'entends rire. Je souris à mon tour. Remotivé, je me lance à l'assaut. Je sais où elle se trouve, et elle ne peut pas bouger sans que je l'entende. Je tente alors d'entamer sa garde avec un coup de poing. Mon gant de Marsball de dernière génération émet quelques petits arcs électriques. Mon poing part à une très grande vitesse, mais se contente de fendre l'air. Elle a esquivé mon coup. Je ne me laisse pas abattre, j'enchaine rapidement avec un coup de pied retourné qu'elle pare avec son gantelet. J'ai faillit l'avoir !
Conscient que je viens à nouveau de baisser ma garde, je recule vivement en faisant de rapides petits bonds, grandement aidé par mes jambières. Je l'entends : elle se rue vers moi, aidée par ses propres jambières, bien décidée à profiter de mon erreur. Elle est plus rapide que moi, c'est clair. Elle finit par me rattraper quelques secondes plus tard, je la sens à un ou deux mètres. Je m'arrête brusquement et me met en garde. J'entends l'air siffler et, rapidement, je me prépare à parer le coup, les deux bras repliés devant mon visage. Son poing frappe mes protections avec une grande violence et me projette quelques mètres plus loin.
Je me relève rapidement, et je recule un peu, pour garder une saine distance entre elle et moi. Je fais un point rapide sur la situation. Mon scaphandre tient le coup, il n'a pas été trop touché. Je relève le visage. De ce que je me souvienne, elle m'avait toujours battu, et elle avait encore progressé. Ses coups étaient vifs et puissants. Elle était maligne et elle savait taper comme il faut et quand il le faut. Et pour finir, elle avait plus d'expérience que moi.
J'ai fait d'énormes progrès moi aussi. C'est ce qui a du la surprendre ; dorénavant, elle va être sur ses gardes.

Je souris. Que c'est excitant. J'ai toujours préféré me battre contre plus fort que moi, c'est presque devenu ma spécialité.
Je reprend mon souffle, cette série de coups et d'esquives a entamé mon endurance. Ça doit être pareil pour elle car elle ne bouge pas. Aller, du nerf !

Je prend appui, puis je m'élance rapidement sur elle. Je ne sais pas si elle a finit de reprendre son souffle, mais je vais le savoir très vite. Je l'entend bouger, elle va tenter d'esquiver. Je bondis sur elle et lui décoche un coup de pied sauté qu'elle pare difficilement. Une ouverture !
A peine ais-je touché le sol que je me rabaisse et tente un balayage qu'elle esquive de justesse en sautant. Je me relève d'un bond et lui décoche un rapide et puissant coup de poing.
Touché ! Le craquement de son scaphandre se fait entendre et fait vibrer mon gantelet.
A en juger par la hauteur, je pense l'avoir frappée à l'estomac. Je grogne de satisfaction.

Je l'entend se relever. j'en était sur : ce n'était pas suffisant. Je suis quand même content de l'avoir eue. Au début de nos affrontements, elle me semblait presque intouchable.
Je l'entends alors courir vers moi. Elle s'est déjà remise ?!

Pas le temps de parer ou d'esquiver. J'encaisse alors le coup de plein fouet et laisse échapper un "Garrgh". Je finis par tomber lourdement sur le sol. Sonné, je l'entends vaguement sa voix dire dire :

" - Et bien alors, depuis quand on baisse sa garde comme ça ? "

Elle a raison, je me suis trop laissé emporter par mon succès. Il faut que je me reprenne...
Avec un grognement, je me relève en faisant craquer les articulations de mon scaphandre.
Elle ne m'a pas loupé... Mais à ce niveau la, la douleur n'existe plus, il n'y a que le combat.
Sans me laisser le temps de me remettre, elle court à nouveau vers moi. Cette fois je suis prêt. J'esquive un coup, puis un autre, puis les suivants. Comme la dernière fois, elle va tenter de m'avoir à l'usure, elle sait que je suis rapide mais qu'elle est plus endurante que moi. Il ne faut pas que je me laisse avoir comme la dernière fois. Je pare un coup que je n'ai pas eu de temps d'esquiver. Mauvaise idée. L'amazone en profite pour m'attraper le bras et me projette plus loin. Je me relève rapidement, et je me prépare à foncer sur elle pour contrattaquer. Soudain, avec un haut le cœur, je sens le sol s'effondrer sous mes pied, et me ramasse royalement au sol. Je tente alors de me relever, mais ma cheville me fait atrocement souffrir et se refuse à me porter.
Je m'effondre à nouveau sur le sol.

"- Que.. Qu'est-ce qu'il s'est... passé ?
-Tu es trop prévisible mon cher ami.
-Qu'est-ce que.. tu veux dire ?"

Je comprends alors : j'ai bêtement glissé dans une satanée faille.

"- Je vois, tu l'avais vue... depuis le début hein ?
-Bravo ! Tu as tout compris.
-Bien joué, j'avoue."

Elle m'aide à me relever, le duel est finit. J'ai encore perdu.
Avec un sourire, je me dis que ma cheville se remettra toute seule. Mais je vais au moins gagner un coup à boire avec ma meilleure amie au bar du forage en riant de cette histoire...

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Mer 5 Aoû - 20:57

.Chapitre IV.

"Nouvelle vie."

(archives du 05/08/2009)




Cedrxator :
Depuis quelques semaines, l'aveugle était désormais indépendant, sans attaches. Il errait de syndicats en syndicats, comme dans ses débuts. Il apportait son aide la où il pouvait, et la où c'était nécessaire...
Un retour aux sources en somme. Une façon pour lui de mieux se connaitre, et de connaitre ses limites. Mais aussi un moyen de progresser...

Son errance finit par le conduire au syndicat Erinyes, plus exactement dans le temple du syndicat.
Ce lieu où il avait grandi, où il avait progressé grâce aux conseils de nombreux dudes, et tout particulièrement grâce à celle qu'il considérait comme son mentor, Kimcass.
C'était comme si une petite voix lui disait d'aller là bas.

C'est ainsi qu'il se présenta aux portes du syndicat, tenant un mystérieux objet dans sa main droite...


Kimcass :
La sonnette de la porte du syndicat retentit dans mon bureau.
j'en sursautai d'étonnement...

" Tiens bizarre.... Qui ça peut être ? Tout le monde sait que les portes d'Erinyes se sont refermées il y a déjà plusieurs semaines...
Hmm... Si c'est encore un noob il va prendre cher pour son erreur... Je suis pas d'humeur aujourd'hui !
Et je ne peux plus les sentir... Ces nouveaux terrafomers qui débarquent sur la planète leurs mensonges plein la bouche prêts à ruiner
un syndicat et des années de dur labeur."

Énervée je me dirigeais vers notre porte fermées à double tour pour connaitre l'inconscient qui avait osé sonner.

Quelle ne fut pas ma surprise de trouver Cedrxator !

" Ced ! "

Je le pris dans mes bras et le serra très fort.
Cela faisait du bien de le voir, cela me remontait le moral.
Moral qui était bien bas depuis les événements que nous avions subit ici.
Puis d'un coup je fit un bon en arrière...

"Que t'arrive-t-il ?
Tu as l'air si bizarre....

Mais rentre je t'en prie...Rentre chez toi, vite !"

Je le poussai à l'intérieur tout en replaçant sur la porte la pancarte disant "Accès interdit "
puis pris soin de bien refermer derrière moi.

"Viens ...Viens dans mon bureau nous avons à parler de toute façon."



L'aveugle entendit la voie de son mentor, qui résonnait comme un lointain souvenir... Mais préférait rester muet. Lorsqu'elle le serra dans ses bras, le terraformer sourit et la prit dans les siens, dans une accolade mi-affective, mi-virile, dont les deux compères avaient le secret. Les Erinyes étaient des guerriers après tout.

Lorsqu'elle l'invita, l'aveugle murmura pour lui même :

"-Chez... Moi ... ?"

Il lui emboîta le pas, la suivant en s'aidant du bruit que faisaient ses pas sur le plancher. Les odeurs, les souvenirs, tout remontait en lui. S'il avait pu, il en aurait presque pleuré d'émotion. Il ne l'aurait jamais avoué, mais tout cela lui avait manqué...

Il secoua la tête. Tout allait prendre fin, ce soir.
Il parla alors à voix haute, d'une voix hésitante, comme s'il s'adressait à son mentor pour la première fois :

"- Kim... euh... Est-ce que... Tu peux me conduire dans l'alcôve ? Je...J'ai quelque chose à dire aux autres ...."




Citation :
[ 05/08/2009 22:00 ] Post de Voxterm : Sphères Karmiques






Le Terraformer Cedrxator qui isolé dans un coin du Bar ne se faisait pas remarquer jusqu’à présent commence à parler de plus en plus fort et scande des phrases qui pour la plupart d'entre vous n'ont aucun sens. Des choses se passent et vous tous pouvez voir durant quelques instants un masque de métal des Grands Anciens flotter dans l’espace du Bar. Toutes les personnes présentes dans le Bar se sentent petites et écrasées sous les ennuis. Toute confiance en soi s’évanouit, ne reste que la peur. Le Syndicat auquel appartient Cedrxator voit son temple de métal irradier un instant. Vous tous, présents dans le Bar, à cet instant avez l’impression de marcher vers votre mort.

Tout ce qui avait été à dire avait été dit.
Sans prévenir Kim, l'aveugle s'était rendu au bar, comme tous les soirs. Sauf qu'aujourd'hui n'était pas un soir comme les autres.
Seul à sa table, il était resté silencieux, chose inhabituelle chez lui. Plusieures personnes le connaissant s'étaient arrêtées pour lui dire bonjour ou pour s'asseoir près de lui mais ils n'avaient eu pour réponse qu'un silence froid comme le permafrost.
Aujourd'hui le terraformer n'était pas d'humeur à rire, ni même à parler...

Depuis plusieurs jours, il l'avait sentie. La sphère, le miroir de l'âme d'une personne qui lui était précieuse, commençait à faiblir.
Il avait d'abord ignoré ce détail...Jusqu'à aujourd'hui. La sphère ne dégageait presque plus rien et l'aveugle savait ce que cela voulait dire.
Cette personne qui lui était chère allait s'éteindre. Et il n'y pouvait rien, comme d'habitude, et c'est ça qui le plongeait dans un état entre la tristette et la colère.

Dans la recherche d'une solution, ses pas l'avaient machinalement conduit au temple d'Erinyes.
Erinyes. Ce lieu où il avait grandi et où il était devenu l'homme qu'il était aujourd'hui. Un lieu gorgé de souvenirs...

La sphère, Erinyes, Lui. Tout cela était lié, il en avait l'intime conviction.
Le Destin ? La volonté des Grands Anciens ? Autre chose ?
Quoi qu'il en soit ce n'était pas une coïncidence s'il était à Erinyes, avec un objet d'une puissance ésotérique que lui même ne soupçonnait pas. L'aveugle le sentait : Il était désormais trop lié à ce lieu, alors qu'il avait appris quelques temps plus tôt que c'est ce genre de lien qui fait le plus souffrir, à l'instar de l'amour paternel qu'il vouait à la personne dont la sphère reposait entre ses mains.
Il fallait qu'il se libère de ces liens, et pour ce faire il avait un dernier cadeau à offrir à ses anciens compagnons.
Décidément tout n'était pas que coïncidences...

Sa sphère recommença à luire avec un peu plus de vigueur puis revint à son état normal.
Pourquoi... Pourquoi fallait-il que ce soient ceux à qui on tient qui partent les premiers...

"-POURQUOI ?!"

Il s'était levé sans s'en rendre compte, et mit quelques secondes avant de remarquer que ses dernières pensées avaient franchi le seuil de ses lèvres.
Il avait attiré l'attention sur lui. En temps normal, cela l'aurait gêné, mais aujourd'hui sa colère était trop grande.

Il fit quelques pas, la sphère luisant avec force dans sa main.

"-Mars, c'est l'enfer hein ? ... Ici, on est destinés à creuser, à se lier à des personnes, puis à les voir disparaitre. Sans pouvoir rien faire.
Et c'est la dure loi du monde dans lequel nous vivons. Parfois il vaut mieux être seul...Non ?
Non. Le mieux est d'oublier... Et c'est ça qui fait le plus de mal. Ressentez mon mal, et tirez-en des leçons !"

La sphère luisait de plus en plus.


"-Que la fin de cette vie..."

L'aveugle leva la main droite, celle qui contenait la sphère.

"-... marque un nouveau départ pour la mienne !!"

La sphère rougeoya d'une lueur presque aveuglante et engloutit son propriétaire dans une aura pourpre alors que la terreur s'emparait des terraformers.
Plus personne n'osait bouger... Tous étaient littéralement cloués sur place, assaillis par des visions venant de l'esprit de la sphère, qui courait vers la mort.
L'aveugle souffrait. Du sang coulait de dessous son bandeau et de sa bouche tandis que le pouvoir des Grands Anciens se manifestait à travers son corps.

Lorsque la manifestation s'arrêta, l'aveugle s'écroula au sol, inconscient.


J'arrivais affolées dans le bar et étendit les dernières paroles de Cedrxator.
"J'arrive trop tard...Je savais ...Je savais qu'il n'allait pas bien...Je savais qu'il ferait ça !"

Je poussais tous le monde sur mon passage en hurlant :

"Poussez-vous..Dégagez ! Poussez-vous donc !"

Il était au sol gisant dans son sang.
Je le relevais en le secouant et en criant :

"Ced...Ced, répond moi ! "

Son corps était inerte et le sang coulait toujours de ses yeux...
Je regardais l'attroupement dans le bar. Certains râlaient du sort qu'ils venaient de recevoir..D'autres regardaient la scène par voyeurisme.

J'étais folle de rage et hurlais à mon tour...

" Oui y'a du sang ! Et alors ? Vous aimez le sang n'est ce pas ?
Sachez que ce sang n'est autre que le sang de la vengeance...

Nous sommes les enfants de Némésis
Nous sommes les Erinyes
Blessés en plein cœur
Nos yeux pleurent des larmes de sang !
Vous ne le saviez pas ?
De toute façon vous ne savez rien de nous !
Vous crachez et salissez mais ne savez rien !"

J'étais en rage et je devais me calmer.
Je regardais Ced revenir peu à peu à lui et lui dit doucement :

"Tu as raison.
Des tas de personnes rentreront dans ta vie et en sortiront mais seul les vrais amis laisseront des empreintes dans ton cœur.

Ces empreintes font parfois mal mais tu as tord pour une chose : La solitude n'est pas une bonne chose.
Car seul nous ne sommes rien !

Regarde Erinyes....Notre temple notre annexe...Notre usine, nos drônes...
Tout ça n'est rien sans ceux qui remplissent ces lieux.

Il faut parfois tout perdre pour tout gagner...."

Je me tu d'un seul coup...Me disant que je n'aurais pas du dire ça ici....
Je pris en charge le corps de l'aveugle, et le ramenai tant bien que mal à Erinyes... Il avait encaissé de sacrés dommages.

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Ven 28 Aoû - 15:59

.Chapitre V.

"Reflexions."

(archives du 26/08/09)



[Partie I]

"-Où… Suis-je…"

C’est la première question qui me vient à l’esprit. Peut être pas très originale, mais tellement essentielle. Je suis comme plongé dans une sorte de brouillard, une torpeur indéfinissable.

"-Suis-je… Mort… ?"

La deuxième question qui se forme dans mon esprit embrumé, c’est celle-là. J’ai toujours eu peur de la mort. Ou plus exactement, de mourir pour rien. Mais en cet instant je n’éprouve aucune peur. C’est tout le contraire : si c’est ça la mort, c’est plutôt doux, tranquille ! Tellement reposant…

"-Gnnnh... !"

Un froid envahit mon cerveau. Cette sensation m’est familière : c’est celle que je ressent chaque fois que je me réveille le matin. C’est ce que me permet de différencier la sommeil de l’éveil, dirons nous.

"- Je… Je me suis endormi ? Mais… Comment ? Où ? Pourquoi ?"

Je finis de me réveiller. J'ai l'impression que des centaines de mouches se posent sur moi en même temps. C’est étrange, je ne me souviens de rien. C’est le noir total dans mon cerveau comme dans mes yeux. Je tente soudain de me relever mais….

"-Outch "

… Je me cogne contre une surface de verre. Je retombe d’un coup dans ma position initiale. Je me sent si faible…

[Signes vitaux : Etat stable. Fin de la mise en stase] Fait une voix métallique.

Avec un 'pchhhhh', le caisson s’ouvre, me laissant enfin sortir. Je me relève à nouveau, cette fois avec plus de prudence. Au vu des différentes odeurs, je suis chez moi, dans mon bunker de survie. Comment est-ce que j’ai atterrit là ?

Après vérification, je constate que je ne suis pas habillé. Mes vêtements sont posés à coté de mon caisson. après les avoir revêtus, j’inspire profondément : j’ai de nouveau l’impression d’être moi. Je me rassois en expirant : il faut que je fasse le point avec ma mémoire en vrac. Vu que je sort de stase, mon caisson a surement les infos qu'il me faut. Il faut que je vérifie qui avait lancé le programme et de quel programme il s’agissait. J’en suis certain : je ne me suis pas mis en stase tout seul.
Après avoir appuyé sur certains boutons munis d'inscriptions en relief, la même voix métallique que tout à l’heure me donne les informations suivantes :

[ Programme utilisé :
-Réparateur des cellules oculaires
-Préservation des tissus et de l’organisme
-Maintien en état du corps sujet.]

Cellules oculaires ? Comment est-ce que je me suis encore démerdé pour me bousiller les yeux… Avec une pointe d’agacement, j’appuie sur la touche "suivant".

[ Résultats obtenus :
-Réparation oculaire : Etat satisfaisant
-Préservation des tissus et de l’organisme : Etat excellent
-Maintien en état du corps sujet : Etat excellent ]

"Satisfaisant"… Ouais, c’est ça… En attendant je suis toujours aveugle. D'un coté les caissons de stase n’ont jamais rien pu faire sur ce point, ça ne m’étonne même plus. J’appuie à nouveau sur la touche "suivant".

[ Instigateur du programme :
Identifié Id : Terraformeuse Kimcass
Droits d’accès au système : 4 crânes sur 5]

Kim ? C’était elle qui m’avait placé en stase ? Avec un sourire, je me félicite néanmoins d’avoir eu la présence d’esprit de donner une grand partie des accès à ma logistique à quelques rares personnes de confiance, comme Kim. C’était au cas où il m’arrive quelque chose, j’avais vu juste. Il faudra que je remercie Kim quand je la verrai. J’appuie encore une fois sur la touche "suivant" afin d’obtenir des informations complémentaires.

[A noter : Bascule karmique pourpre notable.]

C’était toujours chiant de devoir déchiffrer les termes techniques de la firme, mais là c’est clair : mon karma est devenu plus pourpre depuis la dernière fois, je ne m’en suis pas rendu compte… Qu'est-ce que j’ai encore fait ?
J’appuie une dernière fois sur la touche "suivant".

[Durée de la mise en stase : 21jours]

21 jours ?! C’est la première fois que je reste en stase médicale aussi longtemps! Je ne sais pas ce que j’ai fait, mais ça a du être terrible… Ma dernière expérience avec les pieux de la soumission m’avait couté, mais là c’était dix fois pire ! Il faut absolument que je me rappelle de ce que j’ai fait…

Les souvenirs se reforment petit à petit dans ma tête. Je me souviens du bar, du brouhahaha qu'il y avait, comme d'hab'. Je me souviens que je n’étais pas bien ce soir là… Bizarre. Je ne me souviens de rien de plus. Ça me reviendra, comme le reste. En attendant il faut que je prenne l’air. Enfin, façon de parler, on est sur Mars ici… J’enfile mon scaphandre, avec des gestes maladroits, comme si je venais de débarquer, mais au final j'y arrive tant bien que mal.

Mon betrayal... Il faut que je fasse un petit bout chemin pour finir de me réveiller.
Une main sur le volant, une autre sur le radar tactile, je roule sans destination précise. Avec un sourire, je me dis que ce radar est une invention merveilleuse ! Il fonctionne comme un radar normal, mais au lieu de donner des informations visuelles, la température de sa surface variait en fonction de ce qu'il détectait. Objet, relief, être vivant ou cadavre, ce radar le détectait et sa surface se réchauffait ou se refroidissait, vibrait en cas d’urgence. Son rayon est beaucoup moins large que les radars dont les betrayals normaux sont équipés, mais au moins je peux rouler, c’est déjà ça. Personne n'est au courant et tous se demandent comment un aveugle peut conduire un betrayal. Ils ont raison de se poser la question mais n’auront pas de réponse concrète. Ce betrayal modifié, comme le reste de mon matos et de ma logistique, c’est la Firme qui me l’a fourni, et au prix fort comme ma dette envers elle le suggère. Je ne veux pas que les autres le sachent. Ils pourraient croire que je pactise avec la Firme, que j’ai un traitement de faveur ou que sais-je… Avec les braillards du bar, tout est possible. Non, je pense qu'il vaut mieux que personne ne le sache et que tous continuent de se poser la question.

Sur le chemin, mes souvenirs sont tous revenus. J’ai honte. Je me suis encore une fois laissé emporté par des sentiments incontrôlables...
Je m’arrête soudain en plein milieu des dunes martiennes et je consulte mon voxterm. Je remarque alors que tous les accès sont fermés. Surement un autre coup de Kim pour que je me repose… Trop forte la rouquine !
Je déverrouille tout ça, ce qui fait prendre à mon Voxterm des crises de vibration incontrôlables. J’ai reçu des tonnes de messages. Lorsque je les ouvre, les uns après les autres, j’entends des "Pourquoi as-tu fais ça ?", "Qu'est-ce qui t’a pris ?", et d’autres voix qui me sont parfois inconnues me disant "Tu es complètement fou !", "On devrait t’enfermer !", "Tu mériterais une bonne rédemption comme dans le bon vieux temps !", "Je t’attends à la sortie de ton bunker, tu ne sortiras plus!" puis des voix familières me disant "Ced… Si tu as un problème je suis là.", "Qu’est-ce qu’il t’arrive mon ami ?! Réponds !".
Je ferme mon Voxterm d'un coup pour ne plus à avoir à entendre tous ces messages vocaux. J’ai de plus en plus honte... J’ai réouvert les accès pour ceux qui voudraient me parler, mais je ne me présenterai pas au bar tout de suite.

Il y a des choses auxquelles il faut que je réfléchisse…

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Dernière édition par CedrXator le Sam 19 Juin - 0:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Ven 28 Aoû - 16:02

[Partie II]

J'ai arrêté mon betrayal et allumé mon Voxond : "With You", une musique que j'affectionne, chantée par une artiste de la Terre. Je soupire : il me reste environs cinq heures d’oxygène dans mon scaphandre. Aucun danger à l’horizon, aucun vent signalé : j’ai tout mon temps. Soudain, mon voxterm bipe à nouveau, je viens de recevoir un autre message venant s’ajouter aux autres. J’appuie sur la touche de réception qui me révèle le nom de l’expéditeur. Ou plutôt de l’expéditrice : il s’agit de Waldwen, une nouvelle arrivante qui adore me poser tout un tas de questions. Je l’aime bien, mais comme pour les autres messages il faudra que j’y réponde plus tard. Je dois réfléchir. Réfléchir à tout ce qu’il s’est passé dernièrement…

Chaque fois… Chaque fois que j’ai eu recours à des puissances ésotériques qui rendent mon karma plus pourpre, j’en pâtissais moi, mais surtout mes yeux. Je l’avais remarqué. Mon expérience avec les pieux de la soumission m’avait bien amoché oui, mais avaient aussi fortement atteint mes yeux, et tout ce qui allait autour, à tel point que j’en étais devenu incapable de verser des larmes, entre autres. Mon cerveau lui-même avait parfois été affecté. Cette fois c’était pareil. Si Kim ne m’avait pas mit rapidement en stase, qui sait ce qui aurait pu m’arriver… Et surtout, 21 jours. C’était une durée énorme ! Qui sait si je n’ai pas risqué ma vie… La vraie question est : pourquoi ?
Pourquoi mes yeux saignent à chaque fois que j’utilise le rouge de mon karma ? D'autres terraformers peuvent utiliser ces force sans pour autant se ruiner la santé. Qu'est-ce qui me différencie des autres ?

La réponse s’impose d’elle-même. La source de ma cécité, c’était ce fameux vent : "L'Ixmihmicqui". J'avais fait des recherches sur ce vent grâce à la base de données d'Erinyes (qui comptait dans ses rangs des personnes très versées dans la culture nahuatl). Il y avait très peu d'informations, mais celle que j'avais obtenue avait son importance.

"Ixmihmicqui", en gros ça veut dire "ébloui". Pas aveugle, non. Ébloui. Ca fait une grosse différence, et ça explique ce qu'il m'arrive. L'éblouissement, lui, ne dure pas, il n'est pas éternel. Contrairement à l'aveuglement au sens propre qui implique une plus longue durée, voire une perpétuité.
Après que j'aie rencaissé les effets de ce vent de plein fouet, les rapports avaient indiqué que de minuscules particules chargées d’énergie avaient brulé mes yeux. Mon visage s’illumine. C’est ça ! Mon karma doit réagir avec ces particules étranges ! Chaque fois que je l’utilise, ces saletés brulent mes yeux un peu plus chaque fois. Jusqu’à ce que les dommages soient irréversibles, j'imagine...
Ma respiration s'accélère. Oui, ça doit être ça. Les pieux, la sphère, le Metlapilli. Chaque fois que j’avais utilisé ce genre de pouvoir, je m’étais éloigné peu à peu de la lumière qui me ferait voir, en m’enfonçant dans les ténèbres, à l’image de mon karma. Oui, tout ça se tient.

Mon Voxterm vibre à nouveau. J’appuie sur la touche de réception : c’est Inquisiteur, un ami, un vrai, comme on en fait plus. Avec un sourire presque désolé, je me dis que je répondrai également à son message plus tard.
Inquisiteur... Je me souviens que, quelques temps après qu’on se soit connus, je fus très surpris de sentir à quel point son karma était azur. Moi aussi j’aurais pu être comme lui. A mes débuts, mon karma commençait à pencher du coté bleu, jusqu’à ce qu'un jour, je doive défendre ceux que je considère encore comme des frères. Je n'y étais pas allé de main morte il faut dire.

Je ne regrette pas, je ne regrette rien. Mais c’était le bon temps… A une autre époque, j’infiltrais mentalement les syndicats à longueur de journée. C’était surement ça qui changeait mon karma, le rendant plus azur chaque jour. Mais c’était surtout ça qui me permettait de voir, si on peut appeler ça "voir". D’un coté, c’était tellement amusant de voir à quoi ressemblaient les personnes que je côtoyais chaque jours, que je ne reconnaissais qu’à la voix, ou à l’odeur… A ce moment la, je n'avais pas encore compris ce qu'il m'arrivait.

Une conclusion s’impose à moi, mais elle me parait trop simpliste. Mais quelque soit le chemin de réflexion que je prends, je n’aboutis qu’a la même chose : L’azur me fait voir, le pourpre m’aveugle. Oui, c’est trop simpliste. Mais parfois, les lois de la nature sont plus simples qu’on ne le pense…

Je démarre mon betrayal, il faut que j'aille chez Lust. 21 jours sans donner de nouvelles, elle a du s'inquiéter et puis elle me manque... J'ai envie de la voir et son bunker n'est pas loin, ça tombe bien. J'éteins aussi le Voxond, il faut que je me concentre sur la route.

Sur le chemin, je repense alors aux messages que m’ont envoyé les terraformers. Cette manifestation pourpre avait vraiment du être puissante ! Comme les pieux de la soumission. Comme les broyeurs anciens. Comme... tout le reste ! C'est indéniable, le pourpre m'offre une forme de puissance qui est particulièrement forte chez moi. Une puissance qui me permet de protéger ceux qui me sont chers, tout comme de faire souffrir ceux qui se mettent sur ma route. Avec un frisson, je me dis que je commence moi-même à me faire peur. On m'a toujours appris, dit et répété qu'il était dangereux de se laisser engloutir par des forces qui nous dépassent. Mais c'est si tentant...

Avec un long soupir, je me dis que je me suis toujours fixé comme objectif clair et simple de retrouver un jour la vue. Mais les choses ont surement changé depuis... Ou pas ? Hraaaa...

Mes autres sens seront-ils toujours aussi aiguisés si je retrouve la vue ? Serais-je toujours aussi capable de protéger ceux qui le méritent ? Aurais-je toujours cette forme de puissance pour me guider ? Aurai-je changé aux yeux des autres ?
Serais-je toujours le même ? ...

J'accélère.
Maintenant, j'ai un choix à faire. Et il faut que je le fasse vite...

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Sam 3 Oct - 0:25

Chapitre Annexe

"Rose et Noir."
(Lullabye vs Cedrxator)


(Archives du 02/10/2009)



Sérieux... Pourquoi faut toujours que je me laisse embarquer dans ce genre de trucs. C'est quoi déjà cette fois ? Ah oui, un pari. Lullabye veut mon bandeau pour une raison que je ne préfère pas savoir. Duel face à face, tous les coups sont permis, armes comprises. Juste nous deux avec du sable autour. Si elle gagne, elle a mon bandeau. Si je gagne... hahaha. Pendant que je m'échauffe, je pense à l'enjeu de ce pari. Mine de rien j'y tiens à ce bandeau, alors qu'à l'origine ce n'était qu'un morceau de tissu arraché à ma tenue. Mais aujourd'hui la perspective de le perdre m'est insupportable, ce bout de tissu fait presque partie de moi. Y'a pas à dire, je suis remonté à bloc. Je me demande quand même ce qui peut motiver ma jeune adversaire...

D'ailleurs, il est temps qu'on commence. Je me redresse et fais craquer ma nuque. Ah...
Bon, il est temps de faire le point. Depuis mon dernier duel, je me suis acheté un nouveau scaphandre, plus solide, mais aussi plus lourd. Étant donné que mon adversaire est plus légère que moi, j'ai troqué ma lame circulaire habituelle contre une tronçonneuse histoire d'avoir plus de portée.
Passons à elle. Pour une fois, je ne me bats pas contre plus fort que moi. Mais bon, j'ai souvent été présent au bar quand la petite s'en prenait à plus gros qu'elle, et elle plaisantait pas.
On s'est encore jamais 'vraiment' battus l'un contre l'autre, je n'ai aucune idée de ses points forts ou faibles. Mais en dehors de ma cécité qui n'est plus vraiment un handicap, ça doit être pareil de son coté. J'accroche ma tronço à ma ceinture, comme un guerrier avec son épée. J'ai comme l'impression qu'on va s'amuser.

Comme d'hab, je guette le moindre bruit, en restant immobile comme une statue. J'entends comme un raclement sur le sol... Elle essaye surement de se décaler le plus silencieusement possible. Elle est discrète, mais pas assez. J'arrive à suivre tous ses mouvement et à déduire sa position exacte. Je ne bouge toujours pas. Les raclements se rapprochent : elle s'avance vers moi, c'est assez osé. Elle ne peut pas le voir à travers la visière de mon scaphandre mais je souris. Elle continue de se rapprocher... Sans prévenir, je bondis d'un coup dans sa direction et lui décoche un coup vif. Je ne frappe que le vent, elle a esquivé.
PAF !

Je recule sous le coup. Elle est très rapide... Elle a réussit à esquiver et à contrattaquer presque dans le même temps. Par contre son coup était moins puissant que je me le serais imaginé. Vu que je me bats souvent contre plus fort que moi, je suis habitué des vols planés. Mais cette fois c'est contre une adversaire complètement différente que je me bats, avec des forces et des faiblesses différentes, faut que je garde ça à l'esprit. Je passe une main sur le heaume de mon scaphandre qui s'est pris le coup pour évaluer les dégâts. Comme je l'imaginais les dégâts étaient moindres, mon scaph' supporterait le choc. De son coté, Lulla est restée à l'écart, consciente qu'elle s'est montrée imprudente. Il faut que je lui mette la pression, et que j'arrive à l'empêcher de bouger...

"-GO !"

Je fonce vers elle comme un fou, bondis sur elle et décoche un coup de pied sauté, qu'elle esquive. J'entends un raclement sur le sol et l'air siffler derrière moi. Je pare le coup de mon adversaire auquel j'étais préparé, puis aussitôt, je lui attrape la main pour ne pas qu'elle s'enfuie. Je la tire vers moi et lui décoche un bon coup dans le bas ventre et enchaine avec un coup de pied qui l'envoie quelques mètres plus loin. Essoufflé, mais satisfait, je l'entends se relever. Ca ne m'étonne pas, elle est forte. Elle n'est pas entrée à Acidalia pour ses beaux yeux.
Je me demande ce qu'elle pense... Est-ce qu'elle s'est résignée à abandonner ? Est-ce qu'au contraire sa détermination est intacte ? Peut être qu'elle me réserve encore quelques surprises ?
Non, si elle était aussi déterminée à m'avoir, elle n'a pas du abandonner. Elle a même du échafauder un nouveau plan en voyant que ses coups normaux n'auraient que peu d'effet . Quand à moi, il faut que je trouve un moyen de... Ah, je l'entends s'approcher. Rapide la p'tite rose, mais elle ne m'aura pas. Je me suis déjà préparé. Elle s'approche... Pas encore...Pas encore... Toujours pas... Presque...GO !

L'air siffle. Je m'esquive sur le côté rapidement, esquivant le coup... En apparence. Je me recule un peu. En esquivant, je suis sur d'avoir entendu et senti quelque chose glisser contre mon scaphandre. Je passe la main sur mon épaule droite, découvrant une entaille large et assez profonde.

"-Qu'est-ce que...
-Tu ne t'attendais pas à ça, hein ?"

J'ai compris. En voyant que ses coups normaux m'atteignaient peu, elle a sorti son arme. Une lame circulaire j'imagine. Elle en a les moyens. Pas bête... Si je n'avais pas esquivé, elle aurait percé mon scaph' et là : "Pchiiiiit"... Décompression assurée.
Elle a repris l'avantage, mais je ne compte pas me laisser découper en tranches sans réagir...
D'ailleurs, elle m'a même donné une idée !

"-Décidément t'es pleine de ressources..."

Elle ne répond pas. Elle a compris que je voulais la déconcentrer. Elle est vraiment à fond, ça fait plaisir !
Je fais craquer ma nuque à nouveau. Et c'est reparti : à moi d'attaquer et je compte bien en finir ! Je fonce vers elle, mais en zigzaguant vivement de gauche à droite. J'ai un plan. Mais si je me fais entailler, il ne servira plus à rien... Je continue d'avancer. Je dois surement avoir l'air d'un pur mariole, mais seul le résultat compte ! Arrivé à une distance suffisante, je balance ma jambe vers elle. Elle a esquivé comme je m'y attendais, mais je sais de quel coté elle va contrattaquer. D'un geste vif, je dégaine ma tronçonneuse, sans même la démarrer, comme si c'était une épée.

C'est finit.

La lame de ma tronço' rencontre le tube d'alimentation de son scaphandre, et c'est avec un bruit sonore que tout l'oxygène de mon adversaire le quitte presque instantanément. Son corps gisant au sol, je raccroche ma tronço' à ma ceinture.
Quasiment dans le même temps, j'entends le véhicule de l'équipe de secours de la Firme arriver. Pile à l'heure, de vrais pros ! Ils sauront mieux s'en occuper que moi, même si ces fouines vont se contenter de la ramener à son bunker. Elle s'en remettra, c'est sur. Elle a du se chopper une bonne hypothermie et quelques lésions, tout au plus... Puis j'ai eu la preuve en direct qu'elle était plutôt balèze la p'tite rose.

Alors que l'engin s'éloigne, je joue avec le tube d'alimentation que je lui ait subtilisé, selon une vielle coutume martienne. J'ai gagné mon pari. Je garde mon bandeau, et elle devra honorer sa promesse de son côté.

Je me demande quand même si je lui rends son tube ou pas...

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Sam 3 Oct - 20:02

Il est tard… une petite lampe éclaire mon plan de travail.
Sur mon bureau différentes pièces de tissus sont disposées en vrac, recouvrant du fil, des aiguilles et.. des pansements.
D’ailleurs je suis en train d’en appliquer un nouveau sur un doigt.

Pendant que par réflexe je suce le sang de la petite plaie je me demande ce que diraient mes co-syndiqués si ils me voyaient me blesser en faisant de la couture.
Je souris en imaginant Bloody, Faren, Lafougue et Agarash me pointer du doigt en riant. En même temps je ne suis pas très douée pour le travail manuel.. preuve en est mon niveau d’artisanat !

En même temps j’ai pas le choix.. j’ai beau m’embrouiller dans les fils et les patrons de couture je dois terminer l’ouvrage.
Quel veinard ce Ced’… il va porter un joli bandeau tout rose fait par moi. D’ailleurs je me demande pourquoi il me l’a demandé de cette couleur.. lui qui dit ne pas l’aimer.

Mais peu importe, un pari est un pari et il a remporté celui là.
Je repense au combat, un beau combat.. belle démonstration de techniques d’attaques et de défenses. Ce Cedrxator est doué.. plus doué que je ne le pensais.
Il a su devancer l’un de mes déplacements… un seul et ça a suffit.

La vache j’ai d’ailleurs encore mal au crâne à cause de la décompression, faut avouer que les pertes de connaissance ça a ses désagréments.
Je lorgne sur la trousse à pharmacie mais je refuse d’avaler un seul des cachets de la Firme. Je préfère avoir mal… et puis à Acidalia on est pas formé pour devenir des petites choses faibles. Serre les dents Lulla, serre les dents y’a que ça de vrai !

Ma rêvasserie prend fin et je retourne vers mon instrument de torture du moment : le patron du bandeau. Pfiou c’est vraiment le bazar!
Je préfère 100 fois les explications ennuyeuses de Bloody sur «comment arracher l’œil d’un adversaire sans salir son scaphandre».
Allez hop, un coup d’aiguille par ci, un coup d’aiguille par là, retourner le tissu… tirer un peu dessus pour voir si les coutures tiennent..
Nan parce qu’on se dit qu’un bandeau c’est juste un bout de tissu à nouer autour du crâne.. mais détrompons-nous !
Un bandeau sur mesure se doit de ne pas faire de plis, de se positionner pile poil autour de la tête, et pour ça, il faut maintes et maintes retouches. Et puis il faut qu’il ait été teint en rose… et ça aussi ça a demandé du travail.

Mais il doit être parfait, il sera porté par un ami précieux… il est à la fois le gage du pari perdu et la griffe qui me représente.
Après m’être entaillée huit doigts et coupée un pouce avec ma paire de ciseaux le bandeau fut finit. Je le contemplais le sourire aux lèvres…

Il ne restait plus qu’à l’envoyer.
Je choisis l’une de mes plus belles boites à cadeaux. Une rose avec une matière quelque peu satinée au dessus dans laquelle je glissais le présent.

Un petit tour au service d’envois des colis et celui-ci parti direction le sas de Ced. Je ne cessais de me demander ce qu’il en penserait.
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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Mer 7 Oct - 4:00

Le sas de mon bunker venait de se refermer derrière Lulla.
Elle était venue pour que j'opère quelques réparations sur son scaphandre abimé.
J'avais compris devant son silence, qu'elle n'avait pas réussit à s'emparer du bandeau de Ced. Je me sentait coupable de l'avoir embarqué dans cette histoire .... c'était une affaire sale, mauvaise pour le karma... tout juste bonne pour une crapule du bar, mais pas pour ma pupille !
Heureusement, avec le temps , elle avait appris à encaisser les coups, et les marques qu'elle portait s'effaceraient vite.

Encore une fois Ced c'était montré plus habile ou plus chanceux que le mercenaire que je lui envoyait. C'était déjà la seconde tentative de capture de son bandeau qu'il déjouait. Il me faudrait trouver quelqu'un de vile et sournois pour accomplir cette besogne. Quelqun capable de mettre à terre un infirme... Cela est il si difficile ?

Je reprenait donc mes fiches codées en braille sur les différentes crapules que je savait prêtes à remplir le contrat. Heureusement pour moi , notre communauté en comptait des dizaines et le classeur où je rangeait leurs coordonnées était épais ... toutes les ressources n'étaient pas épuisées...

Je savait que l'appât du gain serait un bon argument pour recruter de nouveaux mercenaires. Il ne me restait plus qu'à augmenter le montant de la prime, trois millions de temis devraient suffire pour convaincre quelques malfrats à s'en prendre à un aveugle.

Quelques heures de lecture m'ont été nécessaire pour repérer les terraformeurs susceptibles de remporter la prime. Je sentait le bout de mes doigts tout engourdit par le frottement des feuillets métalliques de mes dossiers... Il n y a pas a dire, bien que je préfère encore les bandes sonores modernes au braille, ce dernier permet une certaine confidentialité de mes documents , et rare sont ceux capable de les lires.

Je mis donc les fiches personnelles des crapules que j avait repérées dans ma besace et me préparât pour une sortie.
Il ne me restait plus qu'à retourner dans les bas fond du bar, trouver un nouveaux chasseur de prime...
Je réajustait une dernière fois mon propre bandeau avant d enfiler le casque de mon scaphandre, tout en me demandant si, au final, tout ceci ne se finirait pas en duel entre Ced et moi...
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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Mer 7 Oct - 18:48

Je viens de sortir du bar. Un ami m'a raccompagné chez moi. J'avais hâte de me reposer... Surtout avec toutes les rumeurs que j'entends. Il parait qu'Agarash a engagé plusieurs mercenaires pour me voler mon bandeau. Ca explique pas mal de choses... Mais pourquoi veut-elle mon bandeau ?
En m'approchant du SAS de mon bunker, j'entends le "bip""bip" qui m'annonce que je viens de recevoir quelque chose.
Cool, un cadeau ! Je me demande ce que c'est. Le sas d'entrée s'ouvre...

Après les diverses procédures de pressurisation/dépressurisations, j'entre en trombe dans mon bunker, trébuche sur une carcasse de rover TombBreaker et me ramasse royalement au sol. Avec un grognement, je me relève et je vire mon scaphandre qui commence à me peser. Je soupire... Ah oui, le cadeau ! Comme un enfant qui s'approche d'un paquet de bonbons, je m'approche de mon sas voxpack, le sourire jusqu'aux oreilles. C'est pas tous les jours qu'on m'envoie quelque chose, ça fait toujours plaisir !

J'appuie sur la touche triangulaire de l'interface voxpack qui me révèle l'identité de l'envoyeur... "ID-95306, Terraformeuse Lullabye". Un cadeau de Lulla, je suis sur de ce que c'est mais je vérifie au cas où. J'appuie alors sur une nouvelle touche qui me révèle la couleur de l'objet. Génial ce procédé, la Firme vient juste de me l'installer après qu'un petit malin ait tenté de m'empoisonner en parfumant un bouillon Tlacatlolli au Juicy. Génial, même s'il ne fait qu'augmenter cette foutue dette ! Bref.

Après quelques secondes d'analyses, une voix métallique m'annonce : "Rose : 83%, Violet : 14%, Noir : 2%, autres couleurs : 1%". Si c'est rose c'est bien un cadeau de Lulla. Finalement j'ouvre enfin mon sas voxpack et en extrait l'objet. Waow, la classe : elle m'a même fait un paquet cadeau ! Je m'émerveille quelques secondes en sentant la matière qui compose le paquet, puis je l'ouvre délicatement.

Le paquet contenait un pièce d'étoffe pliée avec soin. J'en reste bouche bée. La matière était douce, il n'y avait aucun pli que mon sens du toucher surdéveloppé ne pût trouver, l'objet sentait bon. Je retire mon habituel bandeau noir, et essaye celui que la petit rose m'a envoyé. Énorme ! Il me va à merveille.
Elle a vraiment du galérer et s'appliquer pour le faire... Rien à voir avec un machin quelconque qu'on fait à l'arrache ou qu'on eût été obligé de faire. Elle y a quand même mit tout son talent. C'était limite une œuvre d'art à mes yeux...

Finalement je garde ce bandeau là, bien attaché. Mais je garde aussi l'ancien, presque en lambeaux, que j'attache à mon poignet. Personne ne le prendra.

En fin de compte j'aurais fait d'une pierre deux coups. Je me serais bien amusé avec Lulla, j'aurais gagné un nouveau bandeau tout neuf, et en plus les mercenaires qu'Agarash m'enverrait hésiteraient en voyant la couleur inhabituelle de ce dernier. En fait ça fait même d'une pierre trois coups ! La classe.

Enfin... 'Faut pas que je me repose sur mes lauriers non plus. Il reste justement le problème Agarash... Les rumeurs au bar disent qu'elle a triplé sa prime. Les futurs mercenaires contre qui j'aurais à faire face seraient bien plus hargneux que les précédents. Peut être même que Lulla elle-même retenterait sa chance après ça.
Je ne dois pas attendre et rester sur la défensive, je vais devoir passer à l'action moi aussi.

Je réajuste mon nouveau bandeau.
Comme Agarash me l'a si bien dit... "rira bien qui rira le dernier".

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Jeu 3 Déc - 21:21

.Chapitre VI.
"Espoir."


(Archives du 03/12/2009)


"-Qui es-tu...es-tu...es-tu... ?
-...
-Je te demande ton nom...ton nom... ton nom... "
"Garrhg!" "Hé ! Arrête ça...rête ça... ête ça... ça... !"
"...Non ! Il va encore nous ralentir !" "Rechargement terminé !"
"-Vous êtes prêts ?
-Et comment !" "Non..."
"On ...est... a...mis... ? " "L'eau est claire, tu ne trouves pas ?"
"RhHHAAAAAAAaaaaaa !" "Pas question, nan mais t'es complètement..."
"-Tss, tu peux faire mieux que ça.
-Tu oublies que je suis en train de gagner !" "Danse !"
"N...non..." "gh...."
"Eh oui, c'est la vie..." "On est amis... Donc on se protège, non ?"
"Non... Non ! Reste avec nous !" "Tu me déçois... Beaucoup."
"Tu sais, je..." "Maman ?" "Derrière toi, attention !"
"-Il est... Mort ?
-Oui.
-Ca veut dire quoi..."mort" ?"
"Je suis ce qui sub...siste." "J'ai un rêve, moi !"
"La vie est faite de....[brouillage radio] " "Réveil..."
"Hm...Tu fais un bon double." "Réveille ...!" "A-t-on besoin d'une raison pour..." "T'as pas fini de cr....crier oui ?"
"Réveille !!!"
"Arr..te avec tes ques...tions ...pides... pides... pides...!"
"Les lumières disparaissent."
"REVEILLE-TOI !"


" - Ha ! "

C'est de ma bouche que le dernier cri est sorti... Le souffle court, je me suis réveillé en sursaut non sans me cogner une énième fois la tête contre le couvercle de mon caisson-lit. Les images, les sons, les lumières, les echos, ils fusaient dans ma tête ! C'était si étrange, j'avais l'impression d'avoir déjà vu ou vécu ces moments... Je mets quelques secondes à recouvrir mes esprits.

" - Tsss. Foutu rêve..."

Avec un grognement, je me lève. Plutôt rapidement pour quelqu'un qui vient de se réveiller, mais bon faut voir le réveil aussi. Je m'habille vite fait, puis j'enfile la tenue noire que je porte tout le temps. Cette tenue, je l'avais volée il y a longtemps à... à... à...Hum... Bah, ça me reviendra. Je m'étire avec un nouveau grognement.

Je n'ai pas vraiment faim. Ni soif d'ailleurs. Je n'ai envie de rien. Pas vraiment le moral ces derniers temps. C'est surement à cause de ça que je fais ces foutus rêves. Plein d'images, plein de sons confus, l'éblouissement, l'assourdissement, l'aveuglement se succèdent jusqu'à me rendre fou, ou me réveiller. Plein de choses auxquelles je réfléchis, plein de choses que je regrette, plein de choses que j'aurais presque honte d'oublier, trop de choses si on fait la somme...

Le bar n'est plus le même ces derniers temps. La population martienne des terraformers n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était auparavant, sans parler des terraformers eux-mêmes. Beaucoup de gens nous quittent, et ceux qui restent perdent peu à peu la mentalité, la flamme qui faisait à mes yeux la grandeur de cette communauté, malgré la difficulté de ses membres à coexister. Les mentalités, les valeurs se perdent. Je commence à me faire de plus en plus discret, j'ai de moins en moins de motivation. Mais même moi j'ai commencé à changer, peut-être pas dans le bon sens, peut-être pas comme tout le monde et peut-être pas comme certains voudraient, mais sérieux j'en n'ai plus rien à foutre. J'ai l'impression qu'il n'y a plus de communauté, ou plutôt de ne plus faire partie de celle-ci. Les temps sont devenus calmes. Très calmes. Trop calmes. Le calme n'est fait que pour que la tempête s'abatte mieux sur vous.
En résumé, grosse déprime. J'ai plusieurs fois pensé à ne plus manger, ne plus boire et me laisser mourir. C'est triste, mais j'ai quand même du me forcer à me nourrir car je n'ai plus faim, mais je trouve que le suicide est particulièrement lâche, mais surtout parce que je sais que certains me tueraient si je venais à mourir.

Je m'assois et croise les bras. Oui, je dois continuer. Je ne sais pas pour quoi mais je dois continuer.
Quoi que si, je sais pour quoi. Ou plutôt pour qui. Pour toutes ces personnes qui me saoulent à force de me remonter le moral, mais qui ont tellement raison de le faire. Je m'en veux, sans savoir pourquoi. Je commence à réfléchir à tout ça, beaucoup d'images me viennent en tête, dont certaines que je ne connais que trop bien, étant donné que ce sont les rares que je garde constamment en mémoire. Entre autres, les visages souriants ou moqueurs de Lust, puis de Kimcass et enfin d'Inquisiteur, tels que je les ais vus à ma dernière infiltration surgissent dans mon esprit.
Lust qui me dit qu'elle m'aime, Kim qui me dit qu'elle est fière de moi, Inqui qui me promet une baffe si je continue à déprimer. Puis d'autres personnes viennent... Belmira qui me dit de rester moi même. Elanore qui me dit d'aller de l'avant. Lullabye qui me promet qu'elle finira par me battre. Agarash qui complote je ne sais quoi dans l'ombre pour récupérer mon fameux bandeau. Laxa qui me dit qu'on se ressemble. Okko et ses paroles qui savent me redonner le moral...

Je me lève brusquement, comme si j'avais passé tout ce temps à dormir. Combien de temps suis-je resté là, à penser ? Beaucoup je dirais. Un jour ou deux auraient pu passer sans que je m'en rende compte. Mais réfléchir m'a fait du bien. Qu'est-ce que j'ai pu être con pour me laisser envahir par de telles pensées. Comment ai-je pu oublier qu'on a toujours du soutien, même si on n'en cherche pas, alors que c'est ce que je ne cesse de répéter la plupart du temps. Comment ai-je pu même avoir pensé laisser tomber ?

Animé d'une nouvelle ardeur, je me dis qu'il est temps de prendre un nouveau départ, encore un. Je me dirige vers le frigo, histoire de me préparer quelque chose à manger et de boire un peu d'eau. Avec un peu de nostalgie, je retire le bandeau rose que Lullabye m'a confectionné, et remets le bandeau noir que j'avais continué de porter au poignet. Lulla va peut être m'en vouloir, mais le bon côté des choses, c'est que je n'aurais pas eu le temps d'abîmer son cadeau. Je pose ce dernier dans un coffre, étrange, qui contenait des tonnes de souvenirs laissés par des personnes chères, vivantes ou disparues. Je lâche un grand soupir ; je me sens prêt.

Il me faut trouver des réponses à mes questions, et découvrir de nouvelles choses. J'ai besoin de changer d'air, de savoir, de partir à nouveau à l'aventure et d'aller de l'avant. Mais surtout, j'ai pris une grande décision.





Je dois retrouver la vue.

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Dim 13 Déc - 13:09

Je ne sais pourquoi cela lui arrive.. je ne sais ce qui lui prend et passe par sa sale caboche.
Il a retiré mon bandeau et tourne en rond depuis des jours en se sustentant à peine..
Il doit être au fond du gouffre pour ne plus vouloir de rose... signe sans appel de dépression.

Cedrxator.. Ced.. CedrXator, que j'ai appelé par tous les noms.. Ced qui connait toute mon histoire, si seulement je pouvais l'aider.
Convictions contraires mais.. beaucoup de points communs, nous sommes passés outre tant que cela ne nous mettait en opposition.

J'ai entendu des rumeurs.. des bruits de couloir. On dit qu'il s'est mis dans le crâne de retrouver la vue.. j'en oublierai presque qu'un jour il avait cette faculté. Il est tellement habile sans ce sens.

Si seulement je pouvais l'aider... je dois l'aider. Si il accepte mon aide.
Je suis une quiche en médecine et en artisanat mais peut-être que je pourrai l'aider à trouver ce qui lui manque afin de créer ce qui l'aiderait a retrouver la vue.


----Plus tard -----


Je me dirige chez CedrXator, me retrouve nez à nez avec un boitier à code... un coup de gantelet et il n'y parait plus. Le sas se débloque.

J'entre chez l'aveugle... le noir règne en maître... je souris face a ce double sens.. hommage à une défunte et condition de l'aveugle.
Je déambule dans le labyrinthe de couloirs et finis par mettre la main sur Ced'.. qu'est-ce qu'il fout ptin? Ah oui il médite.. il doit être en train d'infiltrer pour "voir" le visage de ceux qui l'entourent.
Je pose délicatement ma main sur son épaule pour le sortir de sa transe.


Ced.. Il a aggripé mon poignet et s'est heurté au froid métal du gantelet. Doucement... c'est moi, Lulla.
J'ai cru comprendre que tu cherchais à retrouver la vue.. je ne suis ni médecin ni artisan mais je peux t'aider dans tes recherches matérielles.

L'aveugle se lève et se dirige vers son salon, je le suis.

Ced.. depuis tout ce temps.. toi et moi.. je suis là pour toi.
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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Dim 13 Déc - 16:10

Je me dirige vers le salon en tenant le poignet de Lulla, doucement malgré le gantelet qui l'entoure. J'évite soigneusement quelques bricoles qui trainaient... Je connais mon "chez moi" par cœur.

On est arrivés. Je lui souris.

" - Je suis pas mécontent de te voir, tu sais. Tu peux t'asseoir."

Je lâche son poignet et m'adosse au mur, n'éprouvant pas le besoin de rester assis. Je prends une inspiration, comme si j'allais parler, puis j'ajoute simplement :

" - Et... Tu peux allumer la lumière aussi, ça doit pas vraiment être pratique, pour toi dans ce noir.*

Rire. On aura vu plus franc, mais j'essaye de ne rien montrer. J'attends quelques secondes, puis coupe enfin le silence en lui demandant d'une voix grave, mais aimable :

" - Que me vaut le plaisir de ta visite ? "

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Dim 13 Déc - 18:24

Je te remercie. Tu as quelques veilleuses d'allumées, cela me suffit. C'est une douce lumière comme je les aime.

Le plaisir de ma visite? Je retiens avec peine un léger rire. Peu considèrent ma visite comme un plaisir mais si tu aimes... tant mieux.

Je suis venue t'offrir mon aide. J'ai eu vent de tes projets de retrouver la vue. Je suppose que tu auras besoin de machines complexes auxquelles je ne connais pas grand chose.
Autant je ne peux t'aider pour ces machines et tes recherches médicales... autant je peux t'aider dans la recherche de matériel servant à construire tout ce qui te servira à retrouver la vue.

Je ne suis pas une pro du betrayal mais pour toi je m'y mettrai.. j'aime la vente et depuis la Fosse je me suis désintéressée du marché parallèle. Pour toi je peux m'y remettre. Dis moi simplement ce que je dois faire.

Je restais debout, attendant sa réponse, immobile.
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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Dim 13 Déc - 18:26

Elle me l'avait déjà dit en arrivant, et pourtant, je préférais en être sûr. Sa réponse provoqua chez moi un sentiment étrange. Un mélange de surprise, de tristesse, de profonde reconnaissance, ainsi qu'un fort amour fraternel, comme l'aurait ressenti un grand frère pour son unique petite sœur...

J'inspire avec difficulté. J'aurais presque versé une larme si l'état de mes yeux me l'avait permit.
Je me laisse glisser sur long mur, pour finalement me retrouver assis contre ce dernier, face à mon invitée surprise. Je lève la tête vers le plafond, comme si j'avais pu voir le ciel à travers...

" - Je ... "

Je ne savais pas quoi répondre.
Lulla... Je la connaissais depuis son arrivée sur Mars. Aujourd'hui, je sais pratiquement tout d'elle, y compris certaines choses que je ne devrais pas savoir, mais qu'elle me fait assez confiance pour garder pour moi.
Oui, on se connaissait bien. Chaque fois qu'on se voit au bar, on se salue, on discute, on boit, on se charrie, on rit... On s'est même déjà battus ensembles, mais cet affrontement était plus qu'amical, je pense même qu'il a contribué à renforcer nos liens.
Elle a toujours été pro-B.O.S.S., d'aussi loin que je me souvienne. Mais quelque part je m'en foutais. On avait toujours su passer outre ce genre de considérations.

Et aujourd'hui, elle me propose son aide. Je n'aurais jamais cru que...
Je baisse mon visage pour le diriger vers le sien, comme si je la regardais. Je dois lui répondre.

" - Euh... Tu sais, tu dois surement savoir... Que je sors d'une assez mauvaise passe. J'avais presque décidé de tout lâcher. Mais heureusement il y des gens comme toi qui m'aident à tenir bon."

Je n'aime pas vraiment me confier, me dévoiler, raconter ma vie à n'importe qui... Mais Lulla n'est pas n'importe qui.

" - A vrai dire, mes recherches pour retrouver la vue sont presque au point mort. Je cherche, je cherche, mais les solutions, comme le problème, sont surtout en rapport avec...

Je marque une pause.

" - ... mon karma. J'imagine que je t'ai déjà raconté pourquoi je ne voyais plus ; l'histoire du fameux vent, tout ça. Et à vrai dire, même la Firme ne peut rien pour moi. "

Je lui souris, devinant ses pensées.

" - Non, moi non plus je ne leur fais pas plus confiance que ça. Mais ces gens ont des moyens, mais même ça, ça n'y peut rien. J'ai même commencé à me demander si c'était possible que je retrouve la vue... Mais je continue mes recherches, parce qu'il faut que je voie à nouveau. Pour le moment, je ne suis pas très avancé mais..."

Je me lève, puis me rapproche d'elle. Je lui sourit.

" - ... Tu n'imagines pas à quel point ça me soulage de savoir que je peux compter sur des gens comme toi. Même si pour l'instant, je ne sais même pas de quoi j'aurai besoin, rien que... Savoir que quelqu'un est là... Au cas où... Et ben, ca me rassure beaucoup, et au final j'ai l'impression que réaliser mon rêve et retrouver la vue... Ce n'est pas si impossible.

Lulla, merci."

J'ai eu beaucoup de mal à parler et à lâcher tout ça, mais maintenant, c'est fait, et je me sens bien.

" - Mais...Pourquoi veux-tu m'aider ? "

Je me demande ce qu'elle va répondre...

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Dim 13 Déc - 18:31

J'écoutais Ced', muette au possible, j'observais son visage.. toutes les émotions y étaient passées de la nostalgie à l'espoir en passant par la tristesse.
Je n'aimais pas le voir comme ça, Ced' était un modèle de robustesse. Si lui cédais alors on était vraiment mal barrés.

Des souvenirs me reviennent en mémoire.. je suis gamine, une toute petite fille, je suis née sur Mars et Rahan, mon cher papa, débordé de responsabilités syndicales autant que par son tout nouveau rôle de père ne peut en permanence veiller sur moi.
Héra ne sait pas trop quoi faire avec cette petit fille qu'elle rencontre et qui lui demande d'être sa mère...

Alors en attendant j'explore Mars à ma manière.. je suis haute comme une poignée de cahouettes de synthèse et je me faufile entre les tables du bar du Forage pour écouter les conversations des uns et des autres... souvent mes cheveux roses trahissent ma présence et on me demande plus ou moins gentiment de quitter les lieux.. souvent selon le degré d'amitié envers les pro-b.o.s.s des terraformeurs.
Je suis née destinée à être commando et je commence à tester ma force, de façon espiègle. Je suis une peste et sous la protection d'Haiff, au Collectif, tout me paraît possible.

Tout ce temps là Ced' est là, à m'observer à sa façon.. il prend ma défense quand je suis allée trop loin et qu'un terraformeur qui pourrait m'avaler menace de me frapper.. ou quand il y en a un qui voit une bonne occasion de s'en prendre à Rahan en s'attaquant à sa fille.. ou quand il y a encore une de ces grandes gueules que je déteste qui veut "casser du pro-b.o.s.s" et qui s'attaque à une gamine...
Bref, Ced' prend ma défense dans pas mal de configurations possibles.
Est-ce dû au fait qu'il connaissait déjà tout de mon histoire? Peut-être.. il l'avait connue.. j'étais allée le rencontrer dès que j'avais été en âge de parler.

Mais Ced' n'est pas là que quand il s'agit de veiller sur moi... il est aussi là pour fêter mes succès comme le plus beau jour de ma vie... quand je suis entrée à Acidalia... alors que ma tête arrivait à peine aux hanches de Leeloo. Et tandis qu'une horde d'Alphasoldier me hurlaient "piston", "fille à papa" dans les oreilles, Ced' lui est sincèrement content pour moi.. et, la vache, que ça fait du bien.

Je passe en vitesse les éléments de ma vie et je fais un arrêt sur image du jour où nous nous sommes battus.
Je suis déjà plus vieille.. enfin, je suis à l'époque actuelle.. nous voici simplement quelques mois en arrière. J'ai fais Mars Fight Arena, organisé par ma délicieuse Reine et Sophiie. Je ne suis pas la gagnante... je n'ai pas fait la finale. Mais j'ai tenu longtemps.. et sans artés. J'ai déjà un peu plus confiance en moi..
J'ai décidé de faire plaisir à Agarash, ma mentor, et de lui rapporter le bandeau de CedrX.
Je mets celui-ci au défi de combattre avec moi avec un enjeu à la fin. Les combats se déroulent et.. je perds. Je perds aussi confiance en moi.. mais Ced' sait me revaloriser et me faire prendre en compte ce que je sais faire de bien. Quand je lui couds son bandeau, comme il était convenu dans notre paris, je n'ai pas de rancœur... il va porter du rose.

Nous sommes quelques mois en arrière et Ced aime vivre.. il aime rire et la légèreté.
Je baisse les yeux et aujourd'hui je vois l'aveugle que j'adore en pleine dépression.. il est ratatiné contre un mur aussi gris que lui.. l'image est triste. Elle ne colle pas avec le Ced' que je connais.
Le Ced' protecteur, drôle... ah oui Ced' c'est aussi le roi du jeu de mots.. et aujourd'hui des maux. Il n'est pas non plus le Ced' que je connais, droit et fier.. cette fierté saine qui nous donne la niak jour après jour..

Je m'accroupis et tend la main vers la sienne.. vers celui qui connaît mes secrets les plus enfouis, les plus douloureux.. et qui m'a toujours respectée et soutenue. Aujourd'hui c'est à moi de faire quelque chose pour lui.


Je souhaite le faire Ced'... parce qu'à ma façon.. je t'aime.. je t'aime comme on aime un frère, un père, un ami.. le tout réuni.

Nous ne sommes pas pressés par le temps. Nous allons trouver des gens prêts à nous aider dans cette entreprise.
Mais pour ça tu dois être en forme... tu dois te nourrir mieux que ça. J'y veillerai.
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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Sam 9 Jan - 3:38

.Chapitre VII.

"L'Aube"

(Archives du 18/12/09)

[Archives du 18 Décembre]

Les nouvelles sont bonnes. C'est ce que je me dis en m'étalant sur le sol de mon bunker que je commence à trouver de plus en plus confortable. Je reviens de creuse. Comme d'hab' c'était dur, chiant (encore plus pour moi...), long, et on n'avait pas vraiment l'impression d'avancer. J'ai attendu le premier Brouillard de Pierre pour rentrer aussitôt au bunker. La Firme ne me dira rien, j'honore mon contrat, je prends soin de mon matos, même si par ailleurs je n'ai pas encore commencé à payer ma dette qui pèse chaque fois plus lourd. Mais ce n'est pas grave, je n'ai pas de limite de temps pour ça. J'ai même autre chose en tête.

Oui, les nouvelles sont bonnes. Je commence à reprendre du poil de la bête. C'est en grande partie grâce à Lulla. Après ma déprime, elle a en quelque sortes veillé sur moi, fait attention à ce que je me nourrisse correctement. Maintenant je vais beaucoup mieux grâce à elle et je lui en doit une. Je n'oublierai pas.

Ma mélancolie laisse également place à un moral en hausse, même si je ne me laisse toujours pas marcher sur les pieds pour autant. Deux ont testé l'autre jour, l'un a une main cassée, et l'autre s'est retrouvé sous un cric de levage. Je recommence à faire un peu de commerce, et aussi de l'artisanat, venant de maitriser la technique pour fabriquer un solide 'bracelet de force Stakhanovien', comme j'aime les appeler.

Pour finir, j'essaye d'être plus agréable au bar... J'essaye. Mais ça a l'air d'être concluant, j'ai reçu quelques messages amicaux me disant qu'il ou elle était content(e) de me voir plus en forme, ou d'autres pour saluer un jeu de mot bien placé. J'avais l'impression de revenir un an en arrière, à l'époque ou tant de choses avaient une valeur... Finalement, ces derniers temps le problème venait peut-être de moi ?
C'est la conclusion à laquelle je suis arrivé avec un peu de recul.

Par ailleurs, j'ai décidé d'arrêter de boire de la psychobeer, et de me mettre au Juicy. Ça octroie des pensées saines selon la Firme. Pourquoi pas, après tout c'est bon, vitaminé, et ça au moins on est sur d'où ça vient. Bref, tout commence à se remettre doucement en route. Cependant, il me reste encore à trouver un moyen pour retrouver la vue.

J'inspire profondément. Les moments où je réfléchis le mieux sont ceux où je ne fais rien... Un peu comme maintenant, quoi. Par où commencer ? Par le début évidemment ! D'où vient ma cécité ? De ce fameux vent, l'Ixmihmicqui -j'ai presque appris ce nom par cœur à présent- ainsi que de mon karma rougeoyant qui est venu aggraver la situation. Je suis donc en face d'un double problème : vent et karma. Ma réflexion progresse alors que je retrouve mon souffle.

Mais que ce soit d'un coté ou de l'autre, je n'ai pas vraiment fait de progrès concernant la trouvaille d'une éventuelle solution. Je soupire. Encore une fois, je sais d'où vient le problème. C'est le même problème que les jours qui venaient de passer. J'avais cru être seul dans ma quête, mais non. Je suis loin d'être seul et si je ne peux pas trouver la solution par moi même, je dois la trouver à l'extérieur ; oui c'est ça. Je dois trouver 'qui' peut m'aider.

Pour ce qui est du karma, je me suis déjà penché sur la question. Il faudra que je change ça tout seul. J'ai entendu dire que des terraformeurs arrivaient à atteindre un karma azur très intense en utilisant le Briseur de Vassalité de manière étrange.

Je secoue la tête.
Pas question. J'ai toujours eu pour principe de ne pas faire confiance à ce que je ne comprends pas et le Briseur, avec son origine et son fonctionnement mystérieux correspond parfaitement à l'idée de ce que je me fais d'un plan foireux. Si je dois l'utiliser, je le ferais 'como Dios manda' comme on dit là d'où je viens.
Je dois trouver autre chose. Il y a bien d'autres moyens pour perdre peu à peu cette aura pourpre qui m'apporte de la force, mais qui me ruine l'existence, je trouverai...

Par ailleurs, en ce qui concerne le vent, je pense déja à quelqu'un qui pourrait m'aider.
Quelqu'un, plutôt un groupe...



Les Nomades.
Ce groupe de terraformeurs dont l'organisation pourrait faire penser à celle d'un simple syndicat, mais qui me semble pourtant assez distincte. Ces terraformeurs parlent souvent d' "écouter les vents". Cette notion m'échappe totalement. Je n'ai jamais vraiment cherché à écouter un vent à vrai dire. Une logique rigoureuse me hurlerait "qu'un vent ne parle pas !".

Enfin bref, j'ai pensé à cette solution après avoir croisé successivement Vixanie, puis Stilgar au bar du forage, quand chacune d'elles m'eut salué d'un poétique "Que les chants des dunes te guident...". J'essaye également d'entretenir de bonnes relations avec Maelochxz. Peut être que la tribu pourrait partager avec moi son savoir, peut être pas.

Néanmoins, ils semblent liés au 37, entité en laquelle je n'ai pas vraiment confiance, tout comme le Briseur de Vassalité. La Forge, ses alliances étranges et ses mystères me laissent dubitatif. En l'état actuel des choses, je ne pourrais pas les soutenir.

Je secoue à nouveau la tête et frappe le sol de mon poing.

" -Bordel l'aveugle, si tu veux retrouver la vue ce n'est pas avec ce genre d'attitude puérile, nombriliste et paranoïaque que tu pourras enfin y parvenir..."

Tant pis, même si je n'adhère pas à cette idéologie, c'est décidé : 37 ou pas, il faudra que je contacte les Nomades afin de voir comment ils peuvent m'aider. Mais aussi comment je peux leur apporter mon aide. J'imagine qu'ils n'offriront pas leur savoir au premier venu et puis rendre service n'a jamais tué personne. En tout les cas, c'est l'une des seules solutions qu'il me reste. Malgré leur coté marginal, ils sont assez sympathiques, ils ne vont pas me manger...

Je me remet en position assise, les jambes en angle droit.

Ah, et puis de toutes façons, je n'ai pas à stresser. Ce n'est pas encore pour demain, je verrai ça plus tard. J'ai encore plein de...

"Buup"

L'alarme émet un bruit gras me signalant que la pause est finie. Pfff, deux heures c'est fou comme ça peut paraitre court. C'est reparti pour le boulot, je reprendrai mes réflexions plus tard.

Je me lève, me dirige vers la cuisine pour prendre un coffee afin de me remettre les idées en place, puis consulte la date qui est affichée sur le voxterm. J'appuie sur le bouton avec l'inscription "date".

["Nous sommes le 18..."]

Sans attendre, la suite, je souris. C'est mon anniversaire.

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Lun 1 Mar - 21:55

.Chapitre VIII.
"Le temps presse..."

(Archives du 28/02/10)



Si les terraformeurs savaient qu'il m'arrive de réfléchir aussi souvent, ils en rigoleraient...
C'est malgré tout ce que je suis en train de faire au chaud dans mon bunker. Assis à même le sol et adossé contre un mur, entre deux heures de creuses,Je soupire
.
Mars est agitée ces temps-ci. Des vents encore jamais vus se lèvent. On en est à deux nouveaux vents, déjà. Le vent de la stèle 37 d'une part, et un autre vent étrange est prévu, "la fatigue cruciale de Tecpatzin". Drôle de nom, je ferai des recherches à ce sujet. Je pense connaitre l'origine du premier, mais pas celle du deuxième. J'ai jamais été un expert en science de toutes manières...

Non, ce qui m'inquiète dans tout ça, c'est qu'avec toute cette agitation ce soit "mon" vent qui finisse par apparaitre, celui à cause duquel je suis comme ça...
L'Ixmihmicqui, le vent de l'ébloui. Ma malédiction.

Si ce vent refait en effet son apparition, alors j'aurais de gros problèmes.
Je ne sais pas comment écouter les vents ; impossible donc d'avoir une chance de savoir comment guérir. Je ne suis pas encore prêt...
Il faut que je finisse toutes mes affaires en cours et que je contacte rapidement la tribu des Nomades. Eux seuls peuvent m'aider.

Le temps presse...

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Mer 3 Mar - 1:14

(Suite)

(Archives du 02/03/10)




Les vents soufflent de plus en plus...

J'ai même arrêté de compter les nouveaux types de courants que m'annonce mon voxterm modifié jour après jour. Mars s'agite de plus en plus il faut croire... Je sens que mon heure approche, l'heure où L'Ixmihmicqui refera enfin son apparition.

L'un de ces nouveaux vents passe violemment sur ma concession et sur celle de mes voisins. Non seulement je suis cloitré au bunker, mais je ne pourrai ni réfléchir, ni dormir cette nuit. D'un autre côté, en ai-je réellement envie ?

Non, l'heure n'est plus à la réflexion ou au repos.
Il me faut agir, avancer, me préparer. J'ai pris mon Voxcom et ait rapidement envoyé un message à Maelochxz, le nomade. Une fois le message vocal enregistré et envoyé, je pose ma console et me cale contre un mur, à même le sol. Il ne me faut plus que sa réponse, que j'attends avec grande impatience et beaucoup de nervosité.

" - Tsss...Inutile de t'en faire, il se passera ce qu'il doit se passer, comme toujours..."

Sur ces mots, par un grand besoin de me changer les idées, j'avale d'une traite l'une de ces étranges onctions céruléennes. Comme la dernière fois, j'ai l'impression que mon palais, puis mon estomac et mes poumons, vont exploser. Une forte chaleur envahit le bas de mon corps puis remonte jusqu'à mon cerveau, faisant rougir mes joues et mon front. Je sue à grosses gouttes.

Je tousse comme un asthmatique, puis m'allonge carrément sur le sol, le souffle court.
Au moins ça aura fait son effet : je ne stresse plus du tout.

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Mar 9 Mar - 2:49

.Chapitre IX.


"A l'écoute de la Turbine..."

(Archives du 09/03/10)


Quelques jours après ma conversation avec MaelochXZ...
Oui, ça fait quelque jours qu'on a eu cet échange. Un échange auquel il n'avait pas l'air de s'attendre, mais qui, au final s'était passé à merveille. Du moins je pense avoir eu une réponse positive. Difficile de lire dans les intentions des Nomades, bien qu'ils ne soient pas vraiment des gens "mauvais".

Je suis tout excité à l'idée que j'aurais bientôt la capacité d'écouter les vents ! Tellement, que parfois je me surprends à réécouter ma conversation avec le Nomade. Et chaque fois que je le fais, j'ai un peu plus l'impression de percevoir dans ses paroles la même excitation que moi. En quoi mon cas pouvait-il être si intéressant ? En dehors de ma cécité, j'ai peu de talents. D'autant que j'imagine que le savoir Nomade ne s'enseigne pas au premier venu...

En ces quelques jours, le nombre de nouveaux vents a doublé, voire triplé. J'ai même arrêté de les compter ! Cependant, tous ou presque font référence à la culture aztèque ou maya ; j'ai toujours eu du mal à différencier le deux. "Mon vent" aussi était de ceux-là. "Ixmihmicqui", en gros, ça voulait dire "ébloui" en nahuatl. Qui sait si sa venue n'était pas proche !

L'impatience me gagne... Il faut que je sorte ! Il faut que j'essaye d'écouter les vents, maintenant. Et ce, quoi qu'il m'en coute.

Après avoir saisi méthodiquement une série de touches, mon voxterm m'annonce qu'il est 22H08, et que le vent soufflant actuellement sur ma concession n'est autre que... la Turbine.

J'ai entendu beaucoup de rumeurs sur ce vent... Beaucoup de gens en parlent et ce sont pour la plupart des habitués du désert "semi-profond" et des dunes martiennes. Je me souviens que Bow lui-même m'avait avoué qu'il appréciait particulièrement ce type de courant. Étrange quand on connait sa violence.
Mais après tout la violence, ça me connait pas mal...

Je fais les derniers réglages et commence à enfiler mon scaphandre.

" - A nous deux !"

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un aveugle...   Mar 9 Mar - 2:50

(Suite)

22H08.
Dehors c'est l'enfer.

La Turbine est l'un de ces géants de la Rouge avec lesquels on ne rigole pas. Oh que non. C'est même plutôt quelque chose à respecter.

Courbé sous l'effort pour rester debout et ne pas me faire emporter par les vent, c'est ce à quoi je pense....

22H14
Ca fait quelques minutes que je me bat contre ce titan. La turbine souffle fort, très fort. Une réelle soufflerie qui souffle droit, très droit, et constamment. J'ai l'impression qu'un grand méchant loup me souffle dessus, mais sans jamais perdre son souffle.

22H32
Ca commence à devenir critique. Je suis épuisé. J'ai même senti quelques morceaux de mon scaphandre s'arracher. Heureusement que ce dernier est solide !

22H34
Finalement. Je me réfugie derrière mon engin de creuse. Pas forcément imposant, mais on fera avec. Ça me laissera le temps de réfléchir. J'ai commencé à essayer d'entendre quelque chose, mais rien... Toujours la même soufflerie. Ce même souffle constant. Rien d'autre.

22H42
J'ai repris un peu de forces et je suis sorti de derrière mon "abri". Le souffle n'a pas diminué, une vraie machine. Je comprends pourquoi on l'appelle "La Turbine".

22H50
Je commence à résister efficacement au vent. Le souffle a moins d'effet sur moi, et je suis beaucoup plus stable. Je m'assied à même le sol, en tailleur, tentant de percevoir quelque chose... Peut être un infime bruit qui sortirai de ce souffle constant ?

23H06
Je rentre au bunker. Si mon corps tient le choc, ça n'est pas le cas de mon scaphandre qui a bien reçu, ainsi que mon engin qui a essuyé la tempête en même temps que moi. Cette sortie reste un échec cuisant ; un échec qui, je l'espère m'aura tout de même servi de leçon pour la suite.

J'aurais au moins appris ce qu'il ne faut pas faire...
Il ne me reste plus qu'à attendre que les Nomades me contactent
pour m'apprendre ce qu'il me manque...

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